Séances de 2026
17 janvier 2026
« Crozant (Creuse) était-il Idunum en 507 ? » par Philippe Hirou
La localisation du castrum Idunum détruit en 507 par le roi burgonde Sigismond n’a jamais fait l’objet d’une étude approfondie. Dun-le-Palestel (Creuse) a été le plus souvent cité par simple rapprochement toponymique, mais on n’y trouve aucune trace archéologique pour cette période. Les études anciennes et récentes concernant le site de Crozant tout proche, au sein du « Pays Dunois », apportent au contraire de nombreux éléments. Cela nous amène à poser l’hypothèse qu’il est le castrum Idunum (ou Ridunum/Riodunum ?) de la vita Eptadii et n’a pris le nom de Crosenc que plus tard. Cela pourrait éclairer un ensemble de constats restés sans explications et notamment la présence de cinquante croix de forme « byzantine » autour de Crozant.
Paysagiste de formation, mais intéressé depuis toujours par l’histoire, Philippe Hirou a travaillé avec des historiens et des archéologues au fil de différentes études. Il s’intéresse particulièrement à l’histoire mal connue de Crozant avant la forteresse du XIIIe siècle. En 2019, il a rédigé un article pour nos Mémoires intitulé « Étude du cadastre napoléonien du bourg de Crozant : premier château ou enclos ecclésial ? ». Il est vice-président de l’association pour la sauvegarde des croix type Crozant et de l’association Erica (Ensemble de recherches et d’initiatives pour le Crozant d’aujourd’hui).
« 3 000 réfugiés soviétiques à La Courtine, décembre 1944-août 1945 » par Christophe Moreigne
De l'automne 1944 à l'été 1945, 120 000 ressortissants soviétiques sont regroupés dans 70 "camps russes" répartis sur le territoire français. Ce sont des civils, des prisonniers de guerre ayant porté l'uniforme allemand contre leur volonté et souvent passés dans la résistance, des femmes et des enfants, des personnes soumises au travail forcé pour l'Allemagne notamment en Alsace et en Moselle. Il s'agit aussi de ressortissants d'états d'Europe orientale absorbés depuis 1939 par l'URSS. Dans la Creuse, un camp russe est installé à La Courtine en décembre de 1944 pour accueillir plusieurs milliers de personnes, dans des conditions très difficiles s'agissant des premiers mois. Lors de sa communication, Christophe Moreigne retracera la vie de ces oubliés de l'Histoire qui seront contraints, à l'été 1945, à retourner en zone soviétique à la demande de Staline et d'y affronter un funeste sort.
Né à Aubusson en 1965, Christophe Moreigne a été qualifié d’ « historien des angles morts ». Chaque année depuis 20 ans, les Mémoires de la SSNAHC témoignent de ses travaux de recherche qui vont de la Révolution française aux réfugiés espagnols dans la Creuse (1936-1940), aux nomades assignés à résidence dans la Creuse (1940-1946), à la question des prisonniers de guerre français et allemands de la Seconde Guerre mondiale auxquels il a consacré des expositions d’art (l’art en captivité, 1940-1948).
« La botanique à l’école : l’herbier d’un élève de Creuse en 1918-1919 » par Florence Broussaud-Le Strat
L’analyse d’un herbier d’écolier (1918-1919), trouvé dans une grange de Saint-Yrieix-des-Bois, montre ce que devait connaître en floristique et botanique un élève au début du XXe siècle. Cet herbier rassemble des plantes communes des environs de Guéret, avec quelques espèces des champs cultivés. Son analyse est l’occasion d’illustrer l’apport d’un herbier ancien en tant qu’outil d’éducation, et de connaissance de la biodiversité.
Métallurgiste de formation, Florence Broussaud-Le Strat s’intéresse depuis de nombreuses années à la botanique. Elle travaille plus particulièrement sur les macrophytes, et les espèces du genre Utricularia. Elle est aussi l’auteur d’un ouvrage sur les plantes de la plaine côtière de Guyane française. Elle a rédigé deux articles pour nos Mémoires : « Élie Roudaire (1836-1885) et le Lotus roudairei» en 2008, et « Un oiseau bien étrange au musée de Guéret » en 2017. Elle est membre de la Société botanique de France, et rédactrice d’une des revues de la SbF : Le Journal de Botanique.
Samedi 21 mars 2026
« Quelques aspects de la vie locale à travers des actes issus du plus ancien minutier connu des notaires de Genouillac (XVIe siècle) » par Pierre-Valéry Archassal (en visio)
Après avoir présenté en septembre 2023 « Quelques actes atypiques issus du plus ancien minutier connu des notaires de Genouillac », Pierre-Valéry Archassal poursuit son exploration du minutier de Genouillac et exhume plusieurs actes qui permettent d'appréhender de manière inédite la vie locale de toute la frange nord de la Creuse.
Généalogiste de profession, Pierre-Valéry Archassal est également paléographe et s'intéresse particulièrement à l'histoire des familles et des lieux, notamment dans la frange nord de la Creuse. Il a été directeur des programmes de Radio France Creuse (aujourd'hui ICI Creuse) et assure aujourd'hui la vice-présidence de la SSNAHC.
« La construction du nouveau château de Sainte-Feyre (1757-1760) » par Pierre-Yves Corbel
Cette étude concerne la construction du nouveau château de Sainte-Feyre par le marquis Alexandre Philippe François Mérigot de Sainte-Fère entre 1757 et 1760. Malgré l’absence de marché, les sources archivistiques permettent de confirmer l’attribution traditionnelle à l’architecte Joseph Brousseau et d’identifier une partie des acteurs du chantier, notamment les équipes de maçons à l’œuvre.
Né le 23 septembre 1956 à Guéret, Pierre-Yves Corbel a des racines creusoises du côté maternel (Peyrabout, La Saunière, Mazeirat). Conservateur du patrimoine, d’abord à l’Inventaire général des richesses artistiques de la France (Nord-Pas-de-Calais, Midi-Pyrénées), aux Monuments historiques (DRAC Amiens), aux Archives départementales de la Seine-Maritime (Rouen), enfin au Centre national des arts plastiques (Paris, La Défense), il est aujourd'hui à la retraite.
« Les moules d'eau douce de rivière : État des connaissances en Creuse » par Ellen Le Roy
Les rivières creusoises abritent plusieurs espèces de bivalves. Depuis 2012, FNE Limousin et ses partenaires ont réalisé des inventaires de terrain et ont centralisé l’ensemble des données disponibles. Cela a permis d’étoffer les connaissances sur ces espèces dont la présence dans les rivières est encore assez confidentielle. Nous pouvons aujourd’hui dresser la liste des espèces connues ainsi que leur répartition et l’état des populations.
Originaire d’Eure-et-Loir, Ellen Le Roy a obtenu un BTSA « Gestion et Protection de la Nature » à Vendôme dans le Loir-et-Cher puis est arrivée en 2002 à Limoges afin de continuer ses études. En 2005 elle est diplômée d’un Master 2 « Aménagement et développement des territoire ruraux » option valorisation du patrimoine rural, effectué en alternance entre la Faculté des Sciences Humaines de Limoges et le LEGTA d’Ahun. Elle est depuis 2006 animatrice et chargée de missions « biodiversité » pour la fédération France Nature Environnement Limousin où elle s’occupe notamment des études et inventaires de moules d’eau douce. Naturaliste amatrice, elle est également présidente de la Société Limousine d’Étude des Mollusques (SLEM).