Séances de 2002
19 janvier 2002
Madame Martine LARIGAUDERIE-BEIAUD a présenté son étude sur une fondation de l’ordre de Grandmont dans la Haute-Marche : Grandmont- Châtaignier, aujourd’hui Le Couvent, dans la commune d’Orsennes (Indre).
Didier DELHOUME a ensuite exposé le fruit de ses recherches sur l’église de Chambonchard.
Andrée et Jean-Pierre CLAVAUD ont continué la séance par la présentation illustrée des épis de faîtage de la région de Mortroux, où était l’atelier réputé de la famille Renty, et celle des granges « à porteau » répandues dans le nord du département.
16 mars 2002
Assemblée générale
Vie de la société
La vitalité d’une société savante se démontre, au moins en partie, par le nombre de ses adhérents. À cet égard, nous pouvons être relativement rassurés. La situation de nos effectifs, qui nous a donné un moment quelques inquiétudes, s’était déjà redressée en 1999. Elle a continué à le faire en 2001 quoique dans une moindre mesure, après une mauvaise année 2000 qui avait vu décès et démissions en plus grand nombre que les adhésions nouvelles. Il n’en a heureusement pas été de même en 2001 puisque nous avons pu accueillir 25 nouveaux membres alors que nous ne pouvions déplorer que 7 décès et 6 démissions. Mais il faut tenir compte du fait que tous les décès ne nous sont pas toujours signalés. D’autre part, en raison du retard que certains de nos membres mettent à payer leurs cotisations, il est difficile de donner un chiffre absolument précis du nombre de nos adhérents.
En 2001, 608 cotisations ont été réglées, ce qui veut dire que notre effectif doit se situer entre 650 et 700 membres, ce qui est fort honorable si on le compare avec celui des sociétés des départements voisins. Mais il faut considérer aussi que l’ensemble de nos adhérents, comme la France tout entière, vieillit et qu’il scrait donc nécessaire de recruter parmi les classes plus jeunes. Ce devra être notre objectif dans les années qui viennent.
Tenue des séances
Nos séances se sont toujours tenues avec une régularité parfaite aux dates prévues. La fréquentation de nos séances s’est maintenue tout au long de l’année à un très bon niveau, le nombre des présents oscillant entre la cinquantaine et la soixantaine. Notre salle est toujours pleine, excellente preuve de l’intérêt que nos membres portent aux communications qui leur sont présentées.
Au cours des séances de 2001, 18 communications ont été présentées: 3 à la séance de janvier, 3 à celle de mars, 4 à celle tenue à Bellegarde-en- Marche le 2 juin, 2 en juillet, 3 en septembre et 3 en novembre. Nous avons tenu notre assemblée générale statutaire lors de la séance du 17 mars et nous avons dû tenir une assemblée générale extraordinaire le 21 juillet pour entériner la donation faite au musée de Guéret dont nous reparlerons tout à l’heure.
Notre activité scientifique se maintient donc dc manière satisfaisante. Si nous examinons la répartition de ces communications par thèmes, nous constatons avec plaisir un certain renouveau de l’histoire du Moyen Âge qui a fait l’objet de trois communications. Nous avons pu écouter aussi deux communications d’histoire de l’art, une d’histoire littéraire, quatre d’archéologie et huit d’histoire moderne et contemporaine qui continue donc à sè tailler la part la plus importante. On notera que l’histoire naturelle est toujours déficiente, fauté de propositions dans ce domaine.
Assemblée générale et nouvelle convention avec la ville de Guéret
Exceptionnellement, en 2001 nous avons dû tenir deux assemblées générales. L’ordinaire, le 17 mars, a été consacrée aux rapports habituels sur l’activité de la Société et au rapport financier.
La question de la donation à la ville de Guéret de tous les objets appartenant à la Société déposés au musée a trouvé son aboutissement par la signature d’un acte notarié préparé par Maître Patrick Chaix, notaire à Guéret. En vertu de cet acte, la Société a fait don à la ville pour le musée d’un important ensemble d’objets de natures diverses, dont l’inventaire avait été préalablement établi. Une assemblée générale extraordinaire, tenue le 21 juillet, a donné pouvoir à notre président pour la signature de cet acte, ce qui a été exécuté le 22 septembre lors d’une cérémonie à la mairie de Guéret.
En contrepartie de cette importante donation, la commune de Guéret s’est engagée à loger la Société en centre-ville et à équiper la bibliothèque et la salle des séances. De plus, une demi-journée par semaine, une personne sera mise à disposition de la Société pour aider à la gestion de la bibliothèque.
Cette donation met fin, dans les meilleures conditions possibles, à une situation juridique quelque peu confuse et les deux parties y trouvent avantage. Il convient, à cette occasion, de remercier tout spécialement M. le maire de Guéret et son adjoint, notre ami Guy Avizou, qui ont mené cette affaire à bien avec la plus grande bienveillance, confirmant une fois de plus les excellentes relations existant entre la ville et notre Société.
Informatisation de la bibliothèque
Le travail est maintenant terminé grâce à l’activité de MM. Larduinat et Saint-James. L’accès à la bibliothèque s’en trouve facilité.
Publications
Le volume annuel de nos Mémoires a été publié en septembre. Nous avons donc réussi à maintenir une date de parution moins tardive.
La publication des « Études creusoises » est toujours suspendue, faute de textes de nature à s’insérer dans cette collection mais on peut espérer que cette situation ne se prolongera pas trop longtemps.
Deux initiatives ont vu le jour en 2001. Sur la suggestion de notre trésorière, Mme Rommeluère, un petit bulletin d’information a été diffusé auprès de tous les membres de la Société pour servir de liaison entre ceux-ci dans l’intervalle entre la parution des Mémoires. Ce bulletin contient différentes informations pratiques et les nouveaux statuts de la Société mis à jour lors de l’assemblée générale extraordinaire du 20 mars 1999. TI faut remercier chaleureusement M"° Rommeluère qui s’est chargée de la réalisation de ce bulletin.
Autre nouveauté, liée au progrès technique : grâce à M. Larduinat, il a été possible de mettre à la disposition du public une édition sur cédérom des plus anciens volumes de nos Mémoires (1837-1892), épuisés et introuvables. Le premier cédérom est disponible et comprend environ 2 600 pages de texte. Il convient de remercier M. Larduinat de cette initiative qui place notre société très en pointe du progrès par rapport à celles des départements voisins.
Excursion annuelle
Notre 72° excursion annuelle a eu lieu le dimanche 9 septembre 2001 et nous a conduits dans la Corrèze. Une première étape, à Brive, nous a permis de visiter le musée Labenche et ses riches collections diverses, dont un très bel ensemble de tapisseries anglaises du XVIIe siècle. Nous avons gagné ensuite Collonges-la-Rouge, où nous avons déjeuné au Relais Saint- Jacques, avant de parcourir les rues et places de ce village inoubliable. L’étape suivante fut consacrée à Curemonte, autre village au patrimoine très riche avec son église magnifiquement remise en état, ses châteaux où séjourna Colette, sa halle et son très bel ensemble de maisons anciennes. La journée, favorisée par un très beau temps, s’acheva par la visite des ardoisières de Travassac exploitées depuis le xv1r siècle.
En conclusion, nous pouvons constater que notre société poursuit ses activités variées avec constance et succès. Au moment où je vais quitter la présidence que vous aviez bien voulu me confier il y a seize ans, je tiens à remercier tout particulièrement ceux qui m’ont aidé de jeur compétence et de leur amitié : mon prédécesseur, Amédée Carriat, nos vice-présidents, MM. Urien et Dayen, nos trésorières, M"* Bichet et Rommeluère, et tous ceux qui, pendant toutes ces années, ont contribué à alimenter nos séances du résultat de leurs travaux. Certains ont disparu et vous me permettrez d’évoquer le souvenir de deux d’entre eux : M"" Jacqueline Chaix et M. Paul Saillol, à qui notre Société doit beaucoup et dont nous conservons pieusement le souvenir.
Notre société se porte bien et nous pouvons faire toute confiance au nouveau conseil qui va en prendre la direction.
Ce rapport, mis aux voix, a été adopté à l’unanimité.
Mme Rommeluère, trésorière, a ensuite présenté le bilan financier pour la même année 2001. Les dépenses se sont élevées à 128 583, 47 F (19 608,43 €), dont 95 128,83 F (14 502,30 €) pour l’impression des Mémoires. Le chiffre des recettes s’élève à 161 827, 76 F (24 670,48 €) dont 115 269,18 F (17 572,67 €) de cotisations. L’exercice est donc excédentaire de 33 244,29 F (S 068,05 €).
Après vérification des pièces comptables par deux délégués aux comptes, ce rapport a été adopté à l’unanimité.
Élections au conseil d'administration
Ont été élu et réélus Jean-Marie Allard (45 voix), Andrée Bichet (46 VoIx}), Amédée Carriat (46 voix), Henri Lacrocq (46 voix), Roland Nicoux (46 voix) et Pierre Urien (46 voix).
Communications
C’est Amédée Carriat qui présente la communication d’Henri GERBAUD, empêché. Celui-ci avait précédemment fait part de ses recherches concernant Michel Villedo et démontré que le maître général des Bâtiments du roi n’était pas né dans la paroisse de Pionnat mais dans celle de Jarnages. Manquait la date de naissance : la publication de l’épitaphe de Villedo permet de la situer en 1598.
Étienne TAILLEMITE a ensuite évoqué la carrière et l’œuvre de l’ingénieur Camille Rougeron, né à Guéret en 1893, auteur anticonformiste, et donc peu écouté, du moins en France, mais terriblement lucide, de multiples articles ct ouvrages, théoricien de la guerre aérienne puis de la guerre nucléaire.
À l’issue de la séance, et pendant que les assistants se rendaient au musée pour y visiter l’exposition «De feu et de lumière», le conseil d’administration s’est réuni et a porté Daniel Dayen à la présidence de la Société, Henri Lacrocq devenant second vice-président.
1er juin 2002 - La Courtine
La séance, consacrée à l’histoire du canton, accompagnée d’une exposition réalisée par les soins de la Société et inaugurée le matin par M. Michelon, maire de La Courtine, en présence de Philippe Breuil, conseiller général, a débuté par la communication de Jean-Louis BROILIARD relatant le conflit qui, dans les débuts de la Révolution, a opposé Saint- Denis à La Courtine, conflit qui s’est soldé par la victoire de La Courtine absorbant l’ancienne paroisse.
Guy MARCHADIER a ensuite présenté un témoignage peu connu sur la mutinerie des troupes russes en 1917, celui du docteur Weber-Bauler, médecin français d’origine russe, affecté au corps expéditionnaire et qui a laissé un livre de souvenirs intitulé De Russie en Occident. Échos d’une vie.
Dans Les Cloches de Bâle d’Aragon se mêlent fiction et réalité. Y apparaît le Courtinois Eugène Fiancette, qui fut à la tête de la longue grève des chauffeurs de taxis parisiens en 1912. Partant de la notice à lui consacrée par le présentateur du roman dans la collection de la Pléiade, Amédée CARRIAT a retracé l’itinéraire de ce personnage, par la suite conseiller municipal de Paris et sénateur.
Comme à l’accoutumée lors des séances foraines, Daniel DAYEN a évoqué les conseillers généraux du canton, dont l’histoire est sans grande originalité, à l’exception, sous le Second Empire, de l’élection imposée par le pouvoir, pour mettre fin aux querelles locales, du général de Solliers, totalement étranger au canton.
20 juillet 2002
En prélude aux communications, deux sociétaires ont brièvement présenté leurs travaux. Jean DEQUAIRE, son étude restée manuscrite sur l’origine d’Évaux-les-Bains et sa publication du journal de son oncle, poilu de l’armée d’Orient pendant la Grande Guerre ; Jean BOUVIER son ouvrage sur Vigeville.
Jacqueline SABOURIN a exposé le fruit de vingt ans de recherches sur la période gallo-romaine dans le territoire de l’ancienne commune de La Rochette où elle a retrouvé 2 sépultures et 14 habitats groupés dans les zones de bonnes terres, avec pour chacun un site central entouré de sites périphériques de moindre importance.
Cécile LECHAT à ensuite présenté un exposé, issu d’un mémoire de maîtrise, sur les commémorations républicaines dans le département entre 1880, année de la première célébration officielle du 14 Juillet, et 1914. Département républicain, la Creuse n’a évidemment pas rechigné à célébrer la fête nationale et a multiplié les inaugurations des bustes de la République, même si certaines zones ont été plus tièdes et si, le temps passant, on a eu du mal à renouveler les programmes.
À l’issue des communications, et selon l’habitude de visiter un site proche de Guéret, les sociétaires se sont rendus au château de Sainte-Feyre où ils ont été accueillis par le propriétaire, M. Paul Galland, qui a lui-même assuré la visite. Cette construction du XVIIIe siècle, mais dans le style classique du siècle précédent, est une œuvre de jeunesse de l’architecte Brousseau, édifiée par la famille Mérigot pour remplacer un château féodal. Si le bâtiment lui-même a été bien conservé, l’intérieur et les abords ont beaucoup souffert et M. Galland déploie des efforts considérables pour les remettre en état, ce pourquoi il a été félicité par l’assistance.
21 septembre 2002
Hélène MAVÉRAUD-TARDIVEAU a d’abord exposé le fruit de ses recherches sur les sphinx et les lions funéraires gallo-romains conservés dans le département de la Creuse. Ces statues zoomorphes sont relativement nombreuses, sans doute parce que le granit ne pouvait être réemployé comme le calcaire des autres régions” Représentant la mort inéluctable de façon réaliste ou abstraite, elles paraissent cependant parfois porteuses d’un espoir de renouvellement de la vie dans l’au-delà.
Michel CASSAN et Noël LANDOU, du département d’histoire de la faculté des Lettres et Sciences humaines de Limoges, sont venus parler d’Alexis Chorllon, président au présidial de Guéret dont ils dont donné une édition critique des écrits. Michel Cassan s’est d’abord attaché à montrer que l’intégration élitaire de Chorllon n’a été qu’imparfaite dans le Guéret de l’époque, ce que confirme le champ de ses relations étudié par Noël Landou.
Enfin Georges DAUGER a retracé l’histoire des huit tapisseries d’Aubusson aujourd’hui conservées à Vallon-Pont-d’Arc et restes d’une collection bien plus importante. Puis il s’est attaché à décrire ce qu’a été l’art de la tapisserie d’Aubusson au XVIIIe siècle, tant dans les thèmes et les sources d’inspiration que dans les méthodes de commercialisation.
16 novembre 2002
Spécialiste italienne des inscriptions antiques, Stefania BURNELLI à fait parvenir une communication, présentée par Patrick Léger, sur les inscriptions de l’autel gallo-romain de l’église de Saint-Quentin-la-Chabanne. Tous les deux en l’honneur de la majesté impériale et du dieu Mercure, l’un de ces textes est présenté comme gravé sur un ordre humain, l’autre sur l’ordre du dieu lui- même, constituant donc une inscription «oniromantique » peu courante.
Patrick LÉGER a ensuite présenté le « camp de César » du Montpigeaud, commune de Saint-Éloi, dont, avec une équipe de jeunes du Groupe archéologique de Guéret, 1l a réalisé le levé topographique et où à été trouvé un curieux disque cylindrique en terre cuite sur lequel est apposé un sceau comportant une croix de Malte.
Éric SPARHUBERT à fait part de ses recherches touchant la construction de la collégiale Saint-Barthélemy de Bénévent, dépendant des chanoines réguliers de Limoges. Il a montré qu’il faut resituer cette construction, rapidement menée, dans le contexte de la réforme grégorienne affirmant la primauté de l’évêque sur les seigneurs laïques en possession d’établissements religieux.
Olivier TROUBAT, auteur d’une thèse sur Louis II de Bourbon, a traité du rôle du comté de la Marche dans le traité de Brétigny de 1360 et dans la reprise de la guerre en 1370. Contrairement à ce que l’on admet généralement, il semble bien que le comté n’ait été possession anglaise que pendant quelques mois.
Pour terminer la séance, René BOURDET a retracé les rapports entre les Gavarni et la Creuse, le célèbre illustrateur ayant épousé la propriétaire du manoir de La Spouze, commune de La Celle-sous-Gouzon, où son fils Pierre a fait construire dans le parc un atelier d’artiste qui semble unique dans le département.