SÉANCE DU 21 JANVIER 1984
Présidence de M. Amédée CARRIAT, président.
Présents. — Mmes/Mlles A. Bichet, J. Chaix, M. Courot, A. Deprecq, S. du Vigneau, J.-M. Gabriargues, L.-A. Juillet, M.-Th. Lalaguë-Guilhemsans, M. Mimon, F. Mousson, M. Palisson, R. Parton, A. Tourte ; MM. R. Barret, J.-L. Broilliard, A. Carriat, R. Chassoux, R. Chatreix, L. Colas, P. Collin, G. Dauger, C. Deluchat, D. Denis, O. Hernandez, A. Lavaud, P. Léger, Ph. Loy, M. Manville, F. Mimon, M. Moreau, R. Parton, R. Ravasson, Ph. Rousseau, P. Saillol, M. Sourioux, P. Urien.
Excusés. — Mmes S. Métrich, S. Nicolas ; MM. C. Aumasson, H. Hemmer, Ph. Mettoux, P. Villard.
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE STATUTAIRE
Elle se tient au musée de Guéret, où Mme du Vigneau, conservateur a bien voulu pour la circonstance mettre la salle Fernand-Maillaud à la disposition de la Société.
Rapport moral. — M. Carriat souligne d'abord que 1983 a été, pour la Société (qui continue à bénéficier de la fidélité de plus de 800 adhérents), une année particulièrement active : tenue régulière des séances de travail auxquelles assistent en moyenne une quarantaine de personnes ; publication du volume de synthèse Cinquante ans de recherches ; organisation à Guéret du 43e Congrès de la Fédération des sociétés savantes du Centre ; mise en fabrication des Actes dudit congrès ; succès à Boussac de la séance-exposition de septembre. Il se félicite ensuite au sujet de la bibliothèque, que le conseil général de la Creuse, qu'il remercie, ait pris l'initiative de détacher à temps partiel auprès de la Société une documentaliste des Services d'archives départementale chargée de procéder à l'inventaire de ses collections ; depuis juillet, Mlle Françoise Mousson s'acquitte avec ponctualité de cette tâche de catalogage, qui était trop lourde pour une bibliothécaire bénévole. Autres effets heureux de la collaboration entre Société et Archives : la contribution de celles-ci à l'exposition de Boussac et l'aide apportée par leur service de mécanographie à la diffusion des Mémoires.
Rapport financier. — Présenté par Mme Bichet, il se conclut par un solde positif, mais qui est en diminution, en raison du coût croissant des publications, alourdi cette année par la composition hors du département du volume Cinquante ans de recherches. L'exercice de l'année 1983 se présente globalement ainsi :
Solde créditeur de l'exercice 1982 : 50 065 F. Recettes : 108 398 F (dont : cotisations 45 610 F, subventions exceptionnelles du conseil général 20 000 F, de la ville de Guéret 5 000 F, ventes de publications 26 681 F, inscriptions au Congrès et excursion 6 630 F, souscriptions aux Actes 3 660 F...). Dépenses : 121 888 F (dont : impression des Mémoires 44 920 F, impression de Cinquante ans de recherches 52 719 F, frais postaux 10 779 F, matériel de bureau, armoire métallique 3 472 F, congrès et excursion 6 075 F...). Excédent à reporter en 1984 : 31 974 F (d'où seront à retrancher les frais d'impression des Actes).
L'ensemble du budget et la proposition de porter la cotisation pour 1985 à 70 F sont approuvés à l'unanimité ; les comptes sont contresignés par MM. F. Mimon et M. Moreau.
Activités du musée de Guéret. — Mme S. du Vigneau présente le bilan de l'année écoulée, fait état de diverses entrées provenant soit d'achats (tissus coptes, toile de Fernand Maillaud), soit de legs (coiffes anciennes), soit de dons (outillage agricole, cartes postales, etc.) et précise l'avancement des travaux de restauration de l'ancien présidial, futur « musée des pays de la Creuse ».
Conseil d'administration. — Cinq mandats arrivent à expiration : ceux de Mme Bichet, MM. Chatreix, Hernandez, Mettoux, Urien. L'assemblée générale, à l'unanimité, reconduit dans leurs fonctions Mme Bichet, MM. Chatreix, Hernandez et Urien. M. Henri Lacrocq, petit-fils de notre ancien président, remplacera M. Mettoux, désormais éloigné du département ; la bienvenue est souhaitée au nouvel administrateur.
CHRONIQUE
Nécrologie. — La Société adresse des condoléances à la famille de M. Louis-Auguste Lapetite, décédé à Paris, sociétaire depuis 1926.
Admissions. — M. Bernard Daubigney, psychologue, Le Mazet, Saint-Quentin-la-Chabanne, 23500 Felletin ; Mme Anne Deprecq, pharmacienne en retraite, Collonges, 23240 Le Grand-Bourg ; M. René Giraud, directeur d'école, Les Combes, 23500 Felletin ; Mme Yvonne Guerrier, employée au MCR, Saint-Fiel, 23000 Guéret ; Mme Madeleine Jauch-Terracol, employée aux PTT, Saint-Séverin, 23120 Vallière ; Mlle Martine Mathias, conservateur du musée de la Tapisserie, 104, rue Vaveix, 23200 Aubusson ; M. Roland Nicoux, professeur, Les Combes, 23500 Felletin ; M. Luc-Olivier Sebenne, médecin généraliste, Le Saillant, Saint-Médard-la-Rochette, 23200 Aubusson ; M. Bernard Triclot, professeur retraité, 6, rue André-Desmoulins, 23000 Guéret.
Félicitations. — Des félicitations sont adressées à Mlle Pascale Jeuniaux pour l'achèvement de sa thèse d'Ecole des chartes sur Les Prêtres filleuls dans le diocèse de Limoges du XIIIe siècle à la Révolution ; — à M. Georges Dauger pour l'obtention du doctorat de 3e cycle en histoire moderne et contemporaine (Paris I) avec une thèse intitulée Aux origines du Front populaire dans la Creuse : contribution à une ethno-histoire des comportements politiques ; — à M. Philippe Mettoux, qui vient d'être admis à l'Ecole de la magistrature.
Informations générales. — Lors de la VIIe Journée archéologique du Limousin tenue à Limoges en décembre dernier, une communication sur « Les Origines d'Aubusson » a été faite par Mme Martine Tandeau de Marsac et M. Jean-Michel Desbordes. M. Alain Lavaud a trouvé, en novembre, dans la commune de Saint-Léger-le-Guérétois, entre Le Pradeau et La Villatte, un dupondius de Trajan (98-117) en assez mauvais état et des sigillées à décor et sans décor.
Mlle Marie-Annie Moulin (univ. de Clermont-Ferrand) a présenté au colloque universitaire de Rouen sur les Structures de sociabilité (24-26 nov. 1983) une communication sur « Les Maçons marchois à Paris, ou comment l'on devient parisien au XVIIIe siècle ». M. Jean Brunet a envoyé une Histoire de Chambon-sur-Voueize (25 p. dact.).
Une Fondation Maurice Dayras est en cours de constitution à Aubusson, où elle se propose de prendre le relais de l'association des Amis d'Aubusson, tombée en sommeil (président M. Pierre Urien).
Parmi les publications récentes qui concernent la Creuse, la bibliothèque a reçu en don l'Almanach pittoresque et historique de la Creuse pour 1984 (éd. Lecante) et l'essai bibliographique de Geneviève Sémeilhon, Thèses, diplômes, mémoires d'universités et de grandes écoles concernant le Limousin (Bibl. mun. de Limoges). Le président signale en outre la parution récente des ouvrages suivants (voir la Bibliographie creusoise 1983) : Les Mangeurs de châtaignes, bande dessinée par Grousset et Farin (Ed. Trihan) ; Ces Creusois de France et dans le monde, par Robert Guinot (Ed. Dessagne) ; Un enfer bien convenable, par Pierrette Sartin (Ed. Horay) ; Laurence ou les maléfices, par Gabrielle Thévenot (Ed. Verso) ; Ces jours-là et les autres, par Roger Meublat (id.).
LECTURES ET COMMUNICATIONS
— M. Urien souligne l'intérêt de l'étude du Dr Edouard Desplats sur « Marie de Hainaut, la Flandre et la tapisserie marchoise », qui n'avait pu être présentée à la réunion de novembre. Après avoir montré les faiblesses des arguments avancés par les tenants de l'origine flamande de la tapisserie marchoise, l'auteur inverse la démarche suivie : au lieu de chercher à démontrer la venue de Flamands dans notre province, il s'interroge sur la possibilité de départs, à l'initiative ou non de Louis Ier de Bourbon, et, dans l'éventualité d'une émigration, sur l'époque où elle a dû se produire. Vu le mutisme sur la tapisserie des documents concernant Marie de Hainaut et son époux, compte tenu du contexte historique et économique, des personnalités du comte et de la comtesse, le Dr Desplats conclut au rejet de l'origine flamande, sans toutefois écarter un apport flammand postérieur à la conversion, vers le milieu du XVe siècle, de l'activité drapière en activité tapissière, à l'incitation des marchands des grandes villes, désireux de satisfaire à une demande économique pour eux très lucrative. Voir t. XLI, p. 592-602.
— M. Paul Saillol expose des réflexions personnelles sur un point d'histoire économique, en s'appuyant au départ sur le Traité d'agriculture pratique, ou Annuaire des cultivateurs du département de la Creuse, publié en 1795 par l'agronome Rougier Labergerie. A la suite de deux années de très mauvaises récoltes, 1791 et 1792, la Creuse, menacée de famine, avait obtenu du gouvernement un prêt de 300 000 livres pour acheter des grains, à charge pour le département d'en assurer le transport. Loin de tous les fournisseurs (qui se trouvaient les uns à La Rochelle, les autres à Nantes) et dépourvue de voies d'eau et de routes, la Creuse dut employer ses chevaux à des transports « à dos » sur des distances « de 25 à 30 lieues ». Beaucoup périrent. Dix ans plus tard, le troupeau n'avait pas réparé ses pertes.
— En outre, M. Saillol signale la représentation en décembre au théâtre de l'Eldorado, à Paris, d'une comédie de Labiche, dont s'est fait l'écho le bulletin Historiens et géographes (n° 297, déc. 1983, p. 514) : « ...Sur des couplets de Claude Bolling, le Don Juan de la Creuse nous transporte d'une garçonnière à un salon parisien et d'une salle rustique de maire creusois vantard (Jean Parédès) à un salon de Guéret prêt pour un bal sous la houlette de Daniel Ceccaldi, valet de chambre pris pour un médecin, qui a réglé ce Labiche méconnu avec une bonne humeur communicative. » [Labiche méconnu, certes, puisque, sur les 175 pièces jouées de 1837 à 1877, le titre ne figure pas parmi les 163 qui ont été imprimées en brochures séparées, et moins encore parmi les 57 retenues dans l'édition du Théâtre (dit) complet en dix volumes. A.C.]
VŒU
La Société des sciences, à la suite des travaux de recensement des retables sculptés effectués par Mme Simone Lecointre, diplômée de l'Ecole du Louvre, s'est émue devant la disparition progressive par amputation et déprédation de ce patrimoine des XVIIe et XVIIIe siècles que se partagent 210 églises de la Creuse. Elle émet le vœu que ce recensement, qui est à jour avec le pointage des dossiers de la Conservation des antiquités et objets d'art, soit publié dans les meilleurs délais et que soient prises des mesures conservatoires.
SÉANCE DU 17 MARS 1984
Présidence de M. Amédée CARRIAT, président.
Présents. — Mmes/Mlles J. Bertin, M. Bourret, S. Cerclier, P. Deluchat, P. Dumas, J.-M. Gabriargues, Y. Hourou, M. Larbanois, M.-Th. Lalaguë-Guilhemsans, M.-L. Lecoq, M. Palisson, J. Porcher, G. Rommeluère, J. Sabourin, A. Tourte, P. Wagner ; MM. J.-L. Broilliard, A. Carriat, G. Dauger, C. Deluchat, L. Dumas, J. Gateau, M. Lecoq, M. Manville, Ph. Mettoux, J.-C. Pruchon, Ph. Rousseau, M. Sourioux, G. Talarie, Ch. Wagner.
Excusés. — Mmes A. Bichet, J. Chaix, S. du Vigneau, A. Louradour, S. Métrich ; MM. R. Chassoux, R. Chatreix, P. Léger, P. Urien.
CHRONIQUE
Nécrologie. — La Société adresse ses condoléances aux familles de MM. Jacques Dubel (Paris) et André Dubreuil (Guéret), récemment disparus.
Admissions. — Mme Jeannine Bertin, rue du Barreau-Vert, 23800 Dun-le-Palestel ; M. Pierre Bonnavaud, directeur à UNISABI, 309, rue du Coq, 45160 Olivet ; Mlle Jacqueline Defemme, directrice de service social AECIF, résidence le Printemps n° 2, 23000 Guéret ; Mme Jeanne-Marie Gabriargues, 13, avenue Marc-Purat, 23000 Guéret ; Mme Christiane Gillet, agent du Trésor, Claverolles, Saint-Sulpice-le-Guérétois, 23000 Guéret ; Mme Andrée Jeuniaux, 14, rue du Four-à-Chaux, 23300 La Souterraine ; M. Henri Loubet, retraité, route de Vallière, 23500 Felletin ; Mme Jean Manairaud, 9, rue des Forts, 23170 Chambon-sur-Voueize ; Mlle Martine Mimon, La Brousse, Saint-Hilaire-la-Plaine, 23150 Ahun ; M. Jean-Claude Pruchon, enseignant, Vaumoins, Glénic, 23000 Guéret.
Informations générales. — Congrès. Les Actes du congrès de Guéret (« Etudes creusoises » n° 6), parus début février, ont été diffusés aussitôt. A Dijon se tiendra, du 2 au 5 avril, le 109e Congrès national des sociétés savantes ; à Châteauroux, les 12 et 13 mai, le 44e Congrès de la Fédération des sociétés savantes du Centre ; en Bas-Berry, du 10 au 15 septembre, le 142e Congrès archéologique de France, qui prévoit la visite de 35 sites du département de l'Indre.
Découvertes archéologiques : début janvier, un trésor monétaire gallo-romain (2e moitié du IIIe s.) a été mis au jour à proximité d'une voie antique près de La Souterraine ; M. A. Malterre (Boussac) a signalé par téléphone la mise au jour, dans la commune de Clugnat, de vestiges d'une villa gallo-romaine avec chauffage par hypocauste (salle de 2,50 x 1,80 x 0,80 m) et piliers. Du 5 au 11 mars, la Direction régionale des antiquités préhistoriques et la Direction régionale des affaires culturelles du Limousin ont organisé à Limoges une exposition présentant entre autres des « Recherches sur les bronzes du département de la Creuse ».
Informations historiques : M. Daniel Borzeix a envoyé un texte sur des « Séditions au cabaret à Jarnages et à Aubusson en 1635 » ; Mme Régine Pouzet (univ. de Clermont-Ferrand) a fait au Centre méridional de rencontres sur le XVIIe siècle, à Marseille, une communication intitulée « Une carrière d'historien autour de Colbert, ou les déboires de Varillas » ; M. René Boudard a publié dans La Montagne du 11 mars une étude sur l'industrie chapelière à Bourganeuf, « Métiers et manufactures d'autrefois ». M. Daniel des Brosses fait savoir qu'il travaille à une biographie du maréchal de Boussac, qui devrait renouveler celle que Marc Michon avait publiée dans nos Mémoires en 1949-1954.
Dans les Actes du colloque du CMR 17, tenu à Toulouse en janvier 1983, sur Les Visages de l'amour au XVe siècle, un texte de Mme Anne Desprechins « Du texte à l'image : quelques figures de l'Amour dans la tapisserie », il est fait fréquemment référence à la production marchoise.
Un Groupe d'animation et de recherche anthropologique des pays de la Creuse, en cours de création à Guéret sous la présidence de M. Michel Manville, s'orientera en même temps vers la géographie, l'ethno-histoire, la sociologie...
Informations littéraires. A partir du 24 mars, jusqu'en juin, la Comédie-Française va représenter La Mort de Sénèque de Tristan L'Hermite en alternance avec Cinna, dans une même mise en scène de Jean-Marie Villégier ; à propos encore de Tristan, deux mémoires sont en cours à l'université de Turin, sur Amaryllis (Anna Gozzi) et l'Office de la Sainte Vierge (Marinella Deninotti) ; une Journée Tristan L'Hermite sera organisée à Janaillat le samedi 11 août sous l'égide de l'association des Amis de Tristan L'Hermite. Un article de Claude Tricotel sur « Le marquis de Villemer, un triomphe de George Sand » (Présence de George Sand, n° 19, fév. 1984) rappelle que la pièce créée à l'Odéon en 1864 (d'après le roman dont l'action se situe aux environs de Chambon) a été jouée depuis 214 fois. Un diplôme est en cours, à l'université de Turin, sur « L'Image du paysan et de la vie rurale dans l'œuvre de Jules Sandeau » (Mlles Bria Berter et Merlo Pic). Le premier livre de Pierre Michon (né aux Cards c. Châtelus-le-Marcheix), Vies minuscules (Gallimard, éd.), composé de récits qui ont la Creuse pour cadre, est salué par la critique comme une réussite.
LECTURES ET COMMUNICATIONS
— MM. Philippe Rousseau et Philippe Mettoux rendent compte des fouilles pratiquées au cours de l'année 1983 à l'intérieur de la crypte de l'église de La Souterraine dans sa partie ancienne. Celles-ci remettent en question les idées généralement admises. Il semblerait que la partie ancienne (contenant le puits monolithe) ait été à l'origine non pas une crypte, mais un édifice semi-enterré ou aérien, de construction de tradition antique. Sa fonction demeure indéterminée ; il pourrait s'agir d'un édifice cultuel conservé par les moines de Saint-Martial de Limoges, qui l'englobèrent dans l'ensemble de la construction de l'église. La poursuite des recherches devrait permettre d'étayer cette hypothèse. (Voir Bibliographie.)
— M. Maurice Sourioux retrace l'historique de la seigneurie de Lavaud-Promis aux XVIIe et XVIIIe siècles. Le château (comm. de La Villetelle), bien conservé avec ses parties XIIe et XVIe s. et ses adjonctions modernes a déjà été étudié par M. Hemmer dans nos Mémoires en 1963. M. Sourioux rappelle l'histoire de ses propriétaires avant la Révolution, les Ruben, puis les Marlin du Teilloux, dont la plupart embrassèrent la carrière des armes. Il décrit ensuite les domaines en leur possession, en bordure nord du Franc-Alleu, dénombre les ensembles fonciers, réserve seigneuriale et tenures concédées en roture, puis étudie leur gestion. Cette étude sera publiée.
— A partir des archives de la Compagnie anonyme des houillères d'Ahun, des carnets et registres divers tenus par le maître mineur de Fourneaux, des comptes rendus du conseil municipal de Saint-Médard, d'archives familiales et de témoignages oraux, Mlle Jacqueline Sabourin retrace avec une précision remarquable l'historique de la mine de Fourneaux jusqu'à l'arrivée du chemin de fer en 1864. A la différence de Chantaud (cf. Mém. Soc. sc. Cr., XVII, 292-300), aucun document sur Fourneaux antérieur à 1786, date à laquelle une mine est concédée « aux environs de Fourneaux paroisse de St Martial le Mont au sieur Barbier habitant d'Aubusson ». L'extraction s'y fait alors de façon rudimentaire, le charbon remonté à dos d'homme ou à l'aide d'un balancier. Deux sociétés se forment en 1806, qui seront plusieurs fois remaniées ; les puits foncés, peu profonds, n'ont pas laissé de traces ; en 1831, le puits Furgaud, doté d'un treuil atteint 30 mètres. En 1838, nouvelle association, gérée par l'Aubussonnais Goumy, avec pour actionnaires Boutmy et Girardin, qui viennent de fonder La Presse et vont inciter à la modernisation des méthodes d'extraction. La concession est rachetée en 1856 par la Compagnie anonyme des houillères d'Ahun qui va pousser les explorations vers le nord en direction de Lavaveix, et elle ne produira plus, au mieux, que le dixième du tonnage total du bassin. (Voir Bibliographie.)
— M. Georges Dauger résume sa thèse d'ethno-histoire sur les origines du Front populaire dans la Creuse. Il souligne notamment l'évolution à rebours du département, qui s'est désindustrialisé et désurbanisé dans le premier tiers du XXe siècle. En outre, les migrations temporaires, qui avaient constitué un facteur de progrès, sont remplacées par les migrations définitives, qui freinent son évolution. Il convient aussi de ne pas mésestimer le rôle des grands domaines des régions de Boussac et de Bourganeuf. Quant au socialisme organisé, il est essentiellement d'origine limougeaude. (Voir Bibliographie, t. XLI, 635-636.)
SÉANCE DU 19 MAI 1984 - SAINT-VAURY
Présidence de M. Amédée CARRIAT, président.
Présents. — Mmes/Mlles E. Améaume, I. Anschung, M.-E. Aubaile, A. Barrière, R. Berte, J. Bertin, A. Bichet, A. Bonnaud, Ch. Bonnaud, M. Bourret, C. Conquet, M. Courot, P. Dumazet, V. Dumazet, R. Fretet, J. Fumade, H. Hourou, M.-L. Lecoq, C. Marchadier, Y. Marquet, S. Métrich, M. Mimon, B. Petit, Ch. Petit, J. Porcher, S. Pruchon, P. Wagner, M. Zuliani ; MM. R. Audonnet, H.-C. Bayol, A. Berte, J.-L. Broilliard, A. Carriat, R. Carry, W. Chervy, R. Conquet, C. Deluchat, J. Cumont, L. Dumas, D. Dussot, A. Fabre, R. Fretet, R. Fretet, J. Gateau, O. Hernandez, C. Jammet, H. Labinle, H. Lacrocq, M. Lecoq, P. Léger, M. Manville, F. Mège, F. Mimon, B. Nadaud, O. Pasquet, M. Pasquignon, M. Petit, L. Pouvol, J.-C. Pruchon, R. Ravasson, P. Saillol, P. Urien, A. Villatte, Ch. Wagner.
Excusés. — Mmes J. Chaix, A. Louradour ; Mlles M.-Th. Lalaguë-Guilhemsans, F. Mousson ; MM. R. Chatreix, H. Hemmer, R. Lavaud.
CHRONIQUE
Nécrologie. — La Société adresse ses condoléances à la famille de M. Jean Breton (La Souterraine), récemment disparu.
Admissions. — M. André Blanquart, docteur en médecine, 15, rue de Pommeil, 23000 Guéret ; M. Georges Bourbon, retraité de l'Education nationale, Les Curades, Nouzerines, 23600 Boussac ; Mme Jacqueline Brunet, professeur de sciences naturelles, 23140 Jarnages ; M. Didier Chaulet, étudiant, 14, rue du Docteur-Bretelle, 23000 Guéret ; M. Robert Chopinet, instituteur, route de Meyrat, Sainte-Feyre, 23000 Guéret ; M. Pierre Cotet, inspecteur d'académie, professeur agrégé, 18, boulevard Arago, 75013 Paris ; M. Pierre Cotte, retraité, route de Meyrat, Sainte-Feyre, 23000 Guéret ; Mme Raymonde Galatéau, 7, rue Eugène-France, 23000 Guéret ; M. Bernard Jamme, résidence Le Panorama, avenue du Limousin, 23000 Guéret ; M. André Lafont, retraité de l'enseignement, Azat-Châtenet, 23210 Bénévent-l'Abbaye ; M. Guy Lallemant, intendant universitaire, C.M.C. Sainte-Feyre, 23000 Guéret ; Mme Daniel Lalloué, commerçante 23320 Saint-Vaury ; Mme Gisèle Lamasset, institutrice, La Villatte, Sainte-Feyre, 23000 Guéret ; Mlle Marylène Lardy, étudiante, Montjuant, Azerables, 23160 Saint-Sébastien ; M. Félix Mège, ingénieur divisionnaire des T.P.E., 38, avenue Gambetta, 23000 Guéret ; M. Maurice Puéchavy, directeur de la caisse régionale de Crédit agricole, 2, rue Anatole-France, 94270 Le Kremlin-Bicêtre ; M. Claude Rault, officier de gendarmerie, caserne Bongeot, 23011 Guéret cedex ; Mlle Raymonde Tartary, professeur de lycée retraitée, 19, rue du Colonel-Roudaire, 23000 Guéret ; M. Roger Thome, retraité, 33, rue André-Desmoulins, 23000 Guéret ; Mme Geneviève Tixier, professeur, 20, avenue Marc-Purat, 23000 Guéret.
Remerciements. — Au nom de la Société, le président remercie d'abord la municipalité de Saint-Vaury, en la personne de son maire, M. le sénateur William Chervy, d'avoir bien voulu mettre pour trois jours à sa disposition les locaux du club du troisième âge, et, pour leur aide matérielle, MM. F. Dumazet, J. Galloux et D. Lalloué. Il dit ensuite la reconnaissance de la Société envers les Services d'archives départementales qui se sont largement associés au montage de l'exposition (*). Il remercie enfin l'assistance pour la curiosité qu'elle est venue témoigner à l'égard des activités de la Société des sciences de la Creuse, dont il expose rapidement les objectifs et les réalisations dans les divers domaines de la recherche locale.
Informations générales. — Le président fait état des deux communications présentées au nom de la Société au 44e Congrès de la Fédération des sociétés du Centre qui s'est tenu à Châteauroux le 12 mai (A. Carriat, « Assollant méconnu » ; G. Dauger, « Imaginaire collectif et comportements politiques : l'exemple de la Creuse sous la IIIe République »). Le même jour, il a été décidé que l'Académie du Centre (Châteauroux) et la Société de la Creuse échangeraient leurs publications.
Des félicitations sont adressées à M. Dominique Dussot, qui vient d'être diplômé de l'Ecole des hautes études pour son travail d'établissement de la carte archéologique de la Creuse gallo-romaine.
Dans le domaine des publications littéraires sont à signaler une édition de La Mort de Sénèque de Tristan L'Hermite dans la collection du répertoire de la Comédie-Française ; la publication du n° 6 des Cahiers Tristan L'Hermite (« Tristan et les arts ») ; des Entretiens avec Jean Beaufret, par Frédéric de Towarnicki et une réédition de la traduction du Poème de Parménide que J. Beaufret avait donnée en 1955 (les deux vol. aux P.U.F.).
Dons à la bibliothèque : Par Mlle Pascale Jeuniaux, sa thèse sur Les Prêtres filleuls dans le diocèse de Limoges jusqu'en 1915 ; par Mlle Jacqueline Sabourin, son étude sur Les Mines de Fourneaux et Courbarioux jusqu'en 1915 ; par M. Paul Saillol, son étude sur Les Chevaux de l'an II et le problème des communications dans la Creuse à la période révolutionnaire et au début du XIXe siècle ; par les Archives départementales, le dossier établi par M. Guy Avizou sur La Vie des Creusois pendant la Grande Guerre. (Voir Bibliographie.)
(*) Inaugurée le matin à 10 h 30 par le sénateur-maire W. Chervy, en présence de plusieurs maires et conseillers municipaux, elle n'a pas reçu le dimanche tous les visiteurs espérés, beaucoup lui ayant préféré le spectacle sous chapiteau de la Fédération départementale des clubs du 3e âge ; mais le lundi les classes primaires de Saint-Vaury et de Montaigut-le-Blanc ont été fort intéressées par les cartes archéologiques et historiques du canton, les photographies de vieux moulins, les cartes postales anciennes, les tableaux de l'économie agricole et de l'évolution démographique, les documents divers (dont les plans de réfection du clocher de Saint-Vaury par les frères Perret), les études d'histoire locale, les ouvrages d'auteurs originaires du canton (J. Mosnier, L.J. Larombière, J. Rebière de Cessac, P. Valadeau, L. Mandin, L. Roussillat, R. Quelet, G. Mauchaussat...)
LECTURES ET COMMUNICATIONS
— Brossant un rapide panorama de la protohistoire dans le canton de Saint-Vaury, M. Patrick Léger souligne le nombre exceptionnel des sites : à l'exclusion d'Anzême, toutes les époques sont représentées dans toutes les communes. C'est le Mont-Bernage qui est le plus remarquable, avec son sommet occupé au chalcolithique, fortifié à l'âge du bronze, réoccupé à l'âge du fer, à l'époque gallo-romaine et au Moyen Age. Autre site d'un intérêt particulier : le Bois-Sergent, près de Saint-Silvain-Montaigut, qui a livré des creusets de fondeurs datant de l'âge du bronze.
— Mlle Pascale Jeuniaux présente une étude qui a été conduite grâce au dépouillement du premier terrier de la prévôté de Saint-Vaury (début du XVIe s.), conservé dans le fonds de Saint-Martial aux archives de la Haute-Vienne (3 H 523 et 524). Cette étude permet de se faire une idée de l'importance, minime, du territoire placé sous l'autorité monacale (les deux paroisses de Saint-Vaury et La Brionne) et de la nature de cette autorité (droits de justice et de monage, obligation de la vinade, sur un tiers des hameaux). Elle met en évidence le nombre des comparsonniers (seize de ces communautés de co-tenanciers), la grande part des rentes de froment, qui ont diminué considérablement dans les siècles suivants. La ville était alors ceinturée de murailles, les maisons groupées autour des deux rues principales, la Grand-Rue et la rue Saint-Michel ; les notables en étaient les marchands et les maçons.
— M. René Chatreix a envoyé une étude sur la seigneurie de Gartempe. Le château, construit, semble-t-il au XVe siècle, était le siège d'une châtellenie vassale d'une des huit grandes seigneuries du Limousin, la vicomté de Bridiers. Ses propriétaires appartinrent longtemps à la maison de Bridiers ; le dernier, François de Bridiers, la vendit en 1671 à Louis de Chaussecourte, puis elle passa, en 1757, à François Voysin, qui eut pour descendants plusieurs magistrats (dont l'un fut député à la Législative et sous la Restauration). La seigneurie comportait de nombreuses dépendances, moulins, bois, étangs, métairies, et le châtelain avait droit de justice, de tabellionnage et de monnaie.
— M. Jean-Louis Broilliard fait deux communications sur la période révolutionnaire. 1° Les points obscurs de l'affaire d'Argier. Le procès de cet émigré creusois imprudemment rentré en France, arrêté à Bordeaux, puis transféré à Guéret pour y être jugé par le tribunal criminel de la Creuse, présente encore des obscurités. La correspondance du ministre de la Justice conservée aux Archives nationales permet d'éclairer certains points ; ainsi, l'épouse du prévenu est intervenue ; mais ce sont surtout les atermoiements du tribunal criminel et de son accusateur public, Gilles Etienne Gerbaud de Malgane, qui ont permis à Valéry d'Argier de vivre quelques mois de plus. — 2° La société populaire de Saint-Vaury à un moment décisif de son histoire. Le 19 Janvier 1794, celle-ci connaissait un tumulte peu ordinaire. Alors que ses commissaires ad hoc proposaient l'exclusion de quatre de ses membres (pratique de l'épuration), une foule d'environ quatre-vingts campagnards exigeait leur réinscription et provoquait une levée de séance du bureau précitée. Il s'ensuivit une procédure dirigée contre deux sociétaires accusés d'avoir dissous la société : les interrogatoires, les défenses offrent l'occasion unique de pénétrer dans l'enceinte de cette société à un moment critique de son existence ; on est très loin du stéréotype de masses populaires ignorantes ou ne sortant de leur indifférence qu'à cause de la faim.
— M. Robert Fretet fait une communication sur Bussière-Dunoise. Il en rappelle d'abord à grands traits l'histoire ancienne : paroisse du Dunois, en Haute Marche, elle fut rattachée à Saint-Vaury, fief limousin ; les plus anciens textes connus sur la paroisse sont relatifs aux prieurés de Vennes (cf. Mémoires. t. XX, p. 19-68) et de Fougeras, celui-ci couvent de femmes ; un fort pourrait avoir existé à Bussière même, tout contre l'église ; les registres paroissiaux contiennent quelques notes historiques. Il insiste surtout sur l'essor de la localité lié à l'ouverture, en 1886, de la ligne de chemin de fer de Guéret à Saint-Sébastien (stations de Bussière et de Langledure) : les conséquences démographiques (fixation d'une partie de la main-d'œuvre, passage de 2 700 habitants aux recensements de 1876 et 1881 à 2 900 en 1886 et 1891) et économiques (création de commerces, arrivée massive de chaux agricole, exportation de viande...) seront sensibles jusqu'à la Première Guerre mondiale.
— M. Paul Saillol, traitant du partage des biens de section dans la Creuse, prend pour exemple le canton de Saint-Vaury. Il rappelle que les terrains appelés couramment communaux appartenaient, presque tous, dans quelques rares départements, dont la Creuse, à des sections de communes, où nombre de 4 031. Dès avant la Révolution, les agronomes préconisaient leur partage, qui eût permis leur mise en valeur ; tout le monde s'accordait sur ce point ; mais lorsqu'il fallut passer à la réalisation, on s'aperçut de la complexité de la question : le législateur lui-même se révéla impuissant à proposer des solutions. Cependant la « soif de terre » et les progrès de l'agriculture provoquèrent de telles usurpations qu'il fallut bien se résoudre à laisser faire des sortes de « partages » à titres onéreux, de sorte que la surface des biens sectionnaires, qui était de l'ordre de 90 000 ha au début du siècle, tomba à 25 000 en 1892 ; il en reste 10 000 aujourd'hui. Le canton de Saint-Vaury, qui en avait compté près de 4 000, n'en comptait plus que 24 en 1892.
— M. Amédée Carriat rappelle le souvenir du poète Louis Mandin, né à Paris en 1872, revenu en 1886 à 1902 à Bussière-Dunoise, le pays natal de sa mère, pour y vivre une adolescence et une jeunesse solitaires et sans joie, qui le marquent pour le reste de sa vie. Clerc de notaire chez Me Doreau, puis secrétaire de mairie, puis, sous le pseudonyme Jean Creusois, rédacteur de l'Union démocratique fondée par Defumade pour lutter contre La Creuse radicale de Berton, il regagnera Paris, dans le sillage de Defumade, y hantera les petites revues littéraires, sera rédacteur à Vers et Prose, que dirige Paul Fort, puis au Mercure de France (1924). Dans la préface de son recueil collectif L'Aurore du soir (1938), il rappelle comment dans la Creuse la poésie fut pour lui un refuge au milieu de « laideurs cruelles » : la tuberculose qui a emporté sa mère et le ronge lui-même, les sarcasmes de son entourage, et puis « une de ces guerres de clocher, barbares, sournoises, féroces, stupides, qui empoisonnent la vie provinciale ». D'où la satire, amère plus qu'ironique, qu'est son roman à clés Le Lion et son Jean-Fille, paru dans le Mercure de France en 1932, dans lequel un enfant de Chambonnet, alias Bussière, est le souffre-douleur de son frère et d'un oncle vantard. Cependant, « son corps, incroyablement chétif, était habité par une âme de fer et de feu » (A. Billy) : quoique réformé, il était parvenu, en 1916, à combattre sur le front de Champagne et à Verdun ; en 1940, refusant la défaite, il entre dès septembre dans l'un des premiers réseaux de résistance, « La Vérité française », distribue avec sa femme des tracts tapés sur sa machine. Le réseau trahi, il est arrêté, condamné à mort (mai 1942), déporté en Prusse orientale, où il meurt le 28 juin 1943. A 71 ans, il est « le doyen des poètes assassinés » (G. Duhamel). Sa femme, plus jeune de vingt-quatre ans, meurt au camp de Bergen-Belsen en avril 1945. (Voir Dict. biobibl. des auteurs creusois, p. 327-329.)
SÉANCE DU 15 SEPTEMBRE 1984
Présidence de M. Amédée CARRIAT, président.
Présents. — Mmes/Mlles M.-E. Aubaile, A. Bichet, J. Chaix, M. Gouvernaire, J. Guillon, Y. Hourou, S. Métrich, M. Mimon, F. Mousson, S. Nicolas, J. Porcher, L. Redouté, R. Tartary, A. Tourte, P. Wagner ; MM. G. Bellon, P. Bordier, J.-L. Broilliard, J.-L. Caillat, A. Carriat, R. Chassoux, L. Colas, P. Collin, G. Dauger, L. Dumas, J. Gateau, O. Hernandez, H. Lacrocq, J.-P. Larduinat, P. Léger, F. Mimon, A. Picouret, G. Redouté, P. Saillol, M. Sourioux, P. Urien, R. Villard, Ch. Wagner.
Excusés. — Mme A. Louradour ; Mlles C. Dayras, M.-Th. Lalaguë-Guilhemsans ; M. R. Chatreix.
CHRONIQUE
Nécrologie. — La Société adresse ses condoléances aux familles de quatre de ses membres récemment disparus : MM. Jean Floury (La Celle-Saint-Cloud), l'abbé Pauon (Issoudun), Antoine Perrier (Limoges), Jules Pradeau (Lavaveix-les-Mines). Le professeur Antoine Perrier (1893-1984), vice-président de la Société archéologique et historique du Limousin, est l'auteur de nombreuses études historiques sur le Limousin, parmi lesquelles la Creuse se trouve plusieurs fois concernée ; il avait fait plusieurs communications à notre Société.
Admissions. — M. Jean-Marie Alamarguy, lapideur, 112 HLM Charles-de-Gaulle, 23000 Guéret ; Mme Janine Arraud, employée de banque, 66, rue d'Illiers, 45000 Orléans ; Bayerische Staatsbibliothek, Erwerbungsabteilung DFG/ZS, 8000 München 34, Postfach 150 (R.F.A.) ; M. Léon Bertin, retraité, La Chapelle-Taillefert, 23000 Guéret ; Mme Claudine Bourdon, commerçante, place de la Poste, 23320 Saint-Vaury ; M. Jean-Louis Caillat, CTPE (équipement), 14, rue de l'Eglise, 23000 Guéret ; M. Jean-Pierre Cluzel, ingénieur en informatique, 35, rue du Général-Langlois, 54390 Frouard ; M. Jean Courtois, retraité, Le Coudert-des-Babes, Montaigut-le-Blanc, 23320 Saint-Vaury ; M. Henri Durand, restaurateur, 29, rue de la Bretonnerie, 45000 Orléans ; M. Louis Estrade, P.E.G.C., rue des Terres-du-Château, 23320 Saint-Vaury ; M. Denis Glomot, gendarme, Roches, 23320 Saint-Vaury ; Mlle Isabelle Guillon, étudiante, 5, rue du Docteur-Jamot, 23000 Guéret ; Mlle Laurence de Lamaestre, documentaliste au musée de la Tapisserie, Juchef.oux, Saint-Maixant, 23200 Aubusson ; M. Philippe Lauwers, dessinateur, Masgelat, Noth, 23300 La Souterraine ; M. Jean Legay, agriculteur, Villetelle, La Chapelle-Saint-Martial, 23250 Pontarion ; Mme Nelly Lucas, ingénieur des Travaux publics de l'Etat, 1, place Saint-Laurent, 45000 Orléans ; M. René Navarre, retraité, Chanterane, 23240 Le Grand-Bourg ; M. Olivier Pasquet, étudiant, 7 bis, Grande-Rue, Le Ménil, 88160 Le Thillot ; M. Pierre Pasquier, professeur, 7, rue Honoré-Chevalier, 75006 Paris ; Mlle Christine Petit, enseignante, 8, allée de la Favorite, 94260 Fresnes ; Louis Pouyol, retraité, rue du Puits, 23320 Saint-Vaury ; Mme Micheline Puyfoulhoux, agent de l'Etat, route de Limoges, 23150 Ahun ; M. Jean-Jacques Régnier, professeur, route de La Brionne, 23320 Saint-Vaury ; M. Richard Schmit, employé de banque, 122, rue de Castagnary, 75015 Paris.
Félicitations. — Des félicitations sont adressées à Mlle Pascale Jeuniaux, qui vient d'être nommée directeur des Services d'archives départementales de la Dordogne, à Périgueux.
Informations générales. — Congrès. Le 110e Congrès national des sociétés savantes se tiendra à Montpellier du 1er au 5 avril 1985 ; le 45e Congrès de la Fédération des sociétés savantes du Centre aura lieu à Limoges les 10, 11 et 12 mai 1985.
Archéologie. Dans le cours de l'été ont été poursuivies les fouilles sur les chantiers de La Brousse c. Saint-Hilaire-la-Plaine (O. Hernandez), Bazelat (P. Léger), le Puy-de-Gaudy (D. Dussot), la crypte de La Souterraine (P. Rousseau), Toulx-Sainte-Croix (P. Tarif). L'Association des antiquités historiques du Limousin vient de faire paraître le 4e volume de ses Travaux d'archéologie limousine, qui contient des études de J.-M. Desbordes, G. Reboul, M. Tandeau de Marsac, E. Vige sur « Les Origines d'Aubusson », et de B. Barrière, G. Cantié, R. Leblanc, sur les « Fortifications médiévales en Haute-Marche et Combrailles ».
Histoire. Un volume collectif sur le Limousin vient de paraître dans une collection d'encyclopédies régionales chez un éditeur du Puy, dont les auteurs, qui appartiennent la plupart à l'université de Limoges, traitent successivement du cadre naturel, de l'art, de la littérature, de la langue, de l'économie, des traditions populaires. (Voir Bibliographie.)
Histoire de l'art. Parmi les expositions de l'été, sont à signaler : à Aubusson, celle du musée de la Tapisserie sur le thème « Poésie, roman et tapisserie, XVe-XVIIIe siècles » ; à Guéret, au musée des pays de la Creuse, celle sur « Les Maçons de la Creuse », réalisée par l'Association du plateau des Combes et couplée avec une exposition itinérante sur « La Tapisserie en France » organisée par le FACLIM.
Histoire littéraire. Au succès des représentations de La Mort de Sénèque à la Comédie-Française, dans une mise en scène de Jean-Marie Villégier (24 représentations du 24 mars au 10 juin), s'est ajouté celui de la Journée Tristan L'Hermite à Janaillat, le 11 août. La Société des textes français modernes a réimprimé trois titres de l'édition J. Madeleine devenus introuvables : Les Plaintes d'Acante (1909), La Mariane (1917) ; La Mort de Sénèque (1919). — A Budapest, M. André Lazar projette de faire figurer dans une anthologie de textes français sur la révolution hongroise de 1848 des pages du roman Eljen ! publié en 1982, sous le pseudonyme Janine, par la fille de l'archéologue sostranien Yves Fesneau. — Le n° 6 de la collection des « Etudes creusoises » publiée par la Société sera consacré à une édition des lettres d'Alfred Assollant, dont ce sera en 1986 le centenaire de sa mort.
LECTURES ET COMMUNICATIONS
Archéologie
— M. Patrick Léger rappelle d'abord la structure du rempart d'Aubusson. La comparaison avec les remparts de la France de l'Est, l'étude de la fibule à pied vertical trouvée au fond du fossé, dont on connaît en France de nombreux exemplaires, permettent de fixer sans ambiguïté la date d'édification de cet éperon : il appartient à l'extrême fin du Halstatt, c'est-à-dire aux environs de 460 av. J.-C., et non 300 av. J.-C., comme il est affirmé dans une publication récente. — M. Léger expose ensuite les résultats des fouilles qu'il dirige sur le site de Bazelat, où les travaux de Christian Vallet ont permis de déplacer puis de reconstituer le tumulus I. La fouille cet été des tumulus II et IV a révélé, pour le tumulus II, une architecture analogue à celle du tumulus I, avec des sépultures comparables qui avaient été mises au jour à Augères il y a quelques années.
— La campagne de fouilles conduite par M. Oscar Hernandez à La Brousse de Saint-Hilaire-la-Plaine a porté sur un bâtiment quadrangulaire de 9 m de côté, entouré d'une galerie sur les côtés nord, sud et ouest, avec une entrée monumentale donnant accès à un vestibule ; puis une pièce comportant des enduits peints et un sol en mortier lissé incluant des tessons de poterie. Il s'agit là, dit M. Hernandez, d'un temple gallo-romain édifié sur un site occupé depuis le premier âge du fer ; le mobilier découvert, céramiques et pièces de monnaie, permet de penser que ce sanctuaire fut édifié au début de la deuxième moitié du Ier siècle, puis aménagé à la fin du IIe. Sur le même site, et dans le même temps, ont été fouillés un dolmen et un four médiéval du XIIe siècle.
Une projection de diapositives a illustré les comptes rendus des fouilles de Bazelat et de La Brousse.
— M. René Calinaud a envoyé une note sur un site probablement gallo-romain situé aux Arces, commune de Masbaraud-Mérignat, révélé par la présence de nombreux tuileaux.
— M. René Chassoux expose une hypothèse nouvelle qui situerait Uxellodunum dans l'ancien Nigremontois. Il rappelle que le Nigremontois, devenu le pays d'Aubusson, s'étendait autrefois très loin à l'ouest, jusqu'au confluent de la Maulde et de la Vienne, jouxtant au sud l'Uzerçais, — et qu'à l'arrivée des Romains, en 51 av. J.-C., Uzerche était en Quercy, terre des Cadurques. En se fondant sur les textes de La Guerre des Gaules d'une part, et l'opinion de Joseph Nouaillac d'autre part, il en vient à conjecturer une Uxellodunum cadurco-nigremontoise, ajoutant ainsi un site de plus à la quinzaine de noms déjà proposés par les archéologues quant au lieu de la dernière résistance gauloise à César.
Histoire
— M. René Calinaud, poursuivant ses recherches de géographie historique sur les vigueries carolingiennes en pays creusois, étudie la viguerie d'Auriat, qui se composait, selon lui, des six grandes paroisses mérovingiennes d'Auriat, Saint-Martin-Château, l'Arrier (Bourganeuf), Saint-Julien-le-Petit, Bujaleuf et Peyrat-le-Château (ces trois dernières situées sur l'actuel territoire de la Haute-Vienne). Plus au sud, la viguerie de Noblat (paroisses de Saint-Léonard, Sauviat, Ambazac, Saint-Martin-Terrésus) n'était « creusoise » que par la paroisse du « Carnazais » (Saint-Martin-Sainte-Catherine, Saint-Pierre-Chérignat et une partie de Montboucher).
— M. Jean-Pierre Larduinat apporte, sur les débuts des archives départementales de la Creuse, quelques compléments aux indications fournies par le Guide d'H. Hemmer. Elles ont existé d'abord, sous cette appellation, dans l'ancien couvent des Récollets, avant d'être transportées, en plusieurs fois, au siège de la préfecture. Si les documents rencontrés ne donnent aucun nom d'archiviste, le nom de G.L. Glet, qui fut le premier en date, figure, sous la Restauration, dans les procès-verbaux du conseil général.
— M. Pierre Pageot a envoyé un bref historique des brigades de gendarmerie dans la Creuse, de la Révolution à la fin du XIXe siècle. Depuis que la loi du 16 février 1791 a transformé la maréchaussée royale en gendarmerie nationale, les effectifs et l'implantation des brigades ont connu de nombreux changements ; de 16 brigades à l'origine, on est passé à 36 à la veille de la Première Guerre mondiale. Les cartes annexes font apparaître les étapes de cette croissance numérique et les noms de simples chefs-lieux de communes qui eurent un temps le privilège d'être dotés d'une gendarmerie. Quant aux conditions matérielles, elles furent loin d'être satisfaisantes : seules les brigades d'Aubusson au milieu du XIXe siècle, et de Guéret, au début du XXe, eurent la chance d'occuper des bâtiments véritablement adaptés à leurs fonctions.
Histoire de l'art
— M. Marcel Molurçon a envoyé de Nantes une note sur une tapisserie d'Aubusson du XVIIIe siècle, sortie de la manufacture Assollant. C'est une verdure avec ruines, faucon attaquant une colombe, canards et ara, aux armes de François de Larlan de Kerkadio, comte de Rochefort [en-Terre], président au parlement de Bretagne, marquée M R D'AUBUSSON ASSOLLANT, haute de 2,95 m, large de 4,12 m. Possession, en dernier lieu, du Dr Thoby, de Nantes, M. Moluçon ne sait ce qu'elle est devenue.
SÉANCE DU 17 NOVEMBRE 1984
Présidence de M. Amédée CARRIAT, président
Présents. — Mmes/Mlles A. Bichet, M.-F. Briquet, S. Cerclier, C. Dayras, J.-M. Gabriargues, I. Guillon, Y. Hourou, A. Louradour, M.-L. Lecoq, M. Mimon, F. Mousson, S. Nicolas, J. Porcher, A. Tourte, P. Wagner ; MM. B. Aubreton, C. Aumasson, R. Barret, G. Bellon, J.-L. Broilliard, A. Carriat, J.-P. Clavaud, L. Colas, C. Deluchat, R. Ducrocq, D. Dussot, O. Hernandez, J. Jamot, H. Lacrocq, M. Lecoq, P. Léger, Ph. Loy, M. Manville, G. Pallier, L. Pérouas, Ch. Rousseau, C. Sirjacques, P. Saillol, R. Thome, L. Violet, Ch. Wagner.
Excusés. — Mlle M.-Th. Lalaguë-Guilhemsans ; MM. R. Chatreix, D. Dayen, J.-P. Larduinat.
CHRONIQUE
Adhésions. — M. Raymond Ducrocq, retraité, 9, avenue Bordier, 23000 Guéret ; M. Jean Geay, retraité, 2, avenue d'Auvergne, 23000 Guéret ; M. Yves Gouvernaire, chirurgien-dentiste, 26, avenue Albine, 78600 Maisons-Laffite ; Mme Nadine Léger-Combeaud, infirmière, 1, rue Boyer-Barret, 75014 Paris ; Mme Anne-Marie Magnié, 14, rue d'Arsonval, 23000 Guéret ; M. Pierre Mérot, chef de pratique agricole, Argères, 23350 Genouillac ; M. Pierre Pasquet, pharmacien, 3, rue Monnet, 23000 Guéret ; M. Bertrand Pauty, étudiant, 76, rue de la Station, 95130 Franconville ; M. Robert Rivet, chef d'études honoraire SNCF, 292, rue Aristide-Briand, 87100 Limoges ; M. Dominique Robin, infirmier, Bois-Chabrat, Saint-Fiel, 23000 Guéret ; M. Jean Villatte, retraité, Bétête, 23270 Châtelus-Malvaleix ; M. André Vincent, électromécanicien, 57, rue de Grainloup, 45430 Chécy.
Informations générales. — Archéologie. La Monographie archéologique de la commune de Crozant, dont la Société avait envisagé la publication dans sa collection « d'Etudes creusoises », sera prise en charge par la Direction des antiquités préhistoriques du Limousin et l'Association de coordination des recherches scientifiques en Creuse.
Histoire. L'ouvrage sur les prénoms en Limousin, Léonard, Marie, Jean et les autres, rédigé sous la direction de Louis Pérouas (Ed. du CNRS) vient d'être mis en diffusion (Voir Bibliographie). Le Cercle d'histoire d'Argenton met en souscription une réimpression de l'Histoire du Berry de Jean Chaumeau (1566). Sous l'égide de la Société, M. Laurent-Yves Giloux, journaliste à Libération viendra faire une conférence à Guéret le samedi 15 décembre, sur les mutineries des régiments russes à La Courtine en 1917.
Arts et lettres. Deux toiles de Guillaumin passeront en vente à Versailles le 2 décembre prochain, représentant « la vallée de la Sédelle, le moulin Brigand et le château de Crozant », dont l'une de 65,5 x 81,5 cm. La librairie Stendhal (D. Baudouin) propose dans ses deux derniers catalogues 1° un roman de Léonie d'Aunet, L'Héritage du marquis d'Elvigny (P. Bibl. des ch. de fer, 1863) qui a en partie pour cadre Guéret et la région de Saint-Vaury, mais, à y lire que « la Marche est un pays généralement plat », avec des « plaines toujours semblables », on doute qu'elle ait été visitée par l'auteur, lequel n'est autre que Léonie Biard, dont la liaison avec Victor Hugo fit scandale en juillet 1845 ; 2° un recueil de poésies resté anonyme, Mes impressions (P., 1846), œuvre d'une Creusoise qui l'a dédié à Lamartine, et où l'on retrouve plusieurs fois des souvenirs de la Creuse. Dans l'imposant Dictionnaire des littératures de langue française que viennent de publier les éditions Bordas (3 vol., 5 000 colonnes, 240 collaborateurs, 2 200 articles), où la longueur de chaque notice veut correspondre à l'importance dans la culture contemporaine de l'auteur traité, la Creuse est présente avec les seuls noms de Tristan L'Hermite (6 colonnes et demie), Jouhandeau (deux et demie), Rochon de Chabannes, Sandeau, Rollinat (une demi-colonne chacun).
Dons à la bibliothèque : par M. Marchadier, un exemplaire de Comme les autres jours de M.-M. du Muraud, Les Mariages creusois ; par les Editions Verso, l'étude de P. Saillol sur Les deux révolutions agricoles et la population de la Creuse de 1790 à nos jours ; par le CDDP, Géographie du Limousin, 3e éd., en coll. (André Adenis), Archéologie d'une commune rurale, Sainte-Feyre (Dominique Dussot), Les Bryophites du département de la Creuse (Fédor Jélenc), Etat des inventaires des archives départementales, communales et hospitalières au 1er janv. 1893 (Marie-Thérèse Lalaguë-Guilhemsans), Les Foires dans la Creuse autrefois (Michel Manville).
LECTURES ET COMMUNICATIONS
Ornithologie
— M. Gilbert Pallier fait une communication, projections à l'appui, sur le cincle plongeur, dont il a longuement observé les mœurs sur le cours supérieur de la Creuse en amont d'Aubusson. Le cincle bâtit toujours son nid à proximité d'une eau agitée. L'identité de plumage des deux sexes rend difficile la détermination de ceux-ci ; c'est l'analyse biométrique de l'aile pliée et du poids qui met en évidence la taille supérieure de la femelle. La reproduction se fait dès février ; la ponte, généralement de cinq œufs, peut être suivie d'une deuxième, de « rattrapage ». Grâce au baguage, on constate que le cincle est pratiquement sédentaire et ne quitte guère sa portion habituelle de ruisseau.
Archéologie
— M. Dominique Dussot reprend, pour le compléter, le travail, vieux d'un siècle, de J.-B. Thuot sur les vestiges gallo-romains de la forêt de Chabrière. Des découvertes récentes portent à treize au lieu de cinq le nombre des sites rencontrés, qui vont de la villa à la sépulture isolée, en passant par des structures qui restent encore mystérieuses. Son étude sera publiée.
— M. René Labrousse a envoyé une note sur une meule qui proviendrait d'un village de la commune du Grand-Bourg.
Histoire
— M. Louis Pérouas est venu présenter les conclusions de l'immense enquête qu'il a menée à bien avec le groupe Rencontre des historiens du Limousin. Quatorze siècles explorés durant des années par une cinquantaine de chercheurs à travers cartulaires, pouillés, rôles fiscaux, registres de catholicité et d'état civil : le résultat débouchent sur des enseignements insoupçonnés au départ. M. Pérouas souligne l'intérêt d'une étude de la prénomination pour la connaissance des mentalités et des transformations socio-culturelles d'une société, dès lors qu'au lieu d'être simplement transmis le prénom devient choisi. L'onomastique à dominante germanique des Xe-XIe siècles cède progressivement la place aux prénoms chrétiens (Jean, Pierre, Marie, plus, sur le plan limousin, Antoine et Léonard) ; puis apparaissent, au XVIIe siècle, les prénoms multiples, puis, à la Révolution une tentative de rupture, au XIXe ce que L. Pérouas appelle « l'innovation creusoise » : les migrants répandant dans les campagnes les modes parisiennes ! Et notre siècle finira de consommer la perte de l'identité limousine... (Voir Bibliographie.)
— M. Daniel Borzeix a communiqué la transcription d'un arrêt du Conseil du roi, signé Séguier, Paris, 2 novembre 1635 (A.N., V 6 108), assignant devant ledit conseil divers Marchois rebelles à l'autorité. En décembre 1632, un édit royal a institué pour « tous hosteliers, taverniers, cabaretiers, marchands de vin en gros des villes, bourgs, villages, paroisses, havres, ports de mer et de rivière » d'acquitter une taxe pour être autorisés à exercer leur négoce. La perception de cette taxe a été affermée pour six ans à dater du 1er avril 1633 à Mathieu Barbant. En juillet 1635, Pierre Niort, huissier en l'élection, se présente à Aubusson pour recouvrer la redevance ; en août, Antoine Vareillas, sergent de la sénéchaussée, accompagné de P. Niort et de François Faure, archer, se rend à Jarnages dans la même intention. Dans les deux villes leur venue provoque « assemblées et émotions populaires » et les percepteurs sont « contraints avec force et violence de se retirer pour garantir leurs vies ». Revenus à Guéret, ils obtiennent des élus un décret de prise de corps contre Meilletz, sergent et hôtelier à Jarnages, « l'un des plus séditieux ». Quant ils veulent l'incarcérer, ils en sont empêchés par les officiers de la sénéchaussée, parmi lesquels le lieutenant général Louis Reydier, Barré, conseiller, Etienne Tourniol, avocat, Pierre Bourgeois, procureur, « suivis de leurs gens et de plusieurs autres personnes » qui leur ôtent de leurs gens tant le prisonnier que leur décret. (Au cours de l'échauffourée, le lieutenant général « rompit un bâton » sur la tête de Faure). Finalement, les officiers de la sénéchaussée font emprisonner Niort, Vareillas et Faure, qui sont élargis le 11 septembre à la requête des officiers de l'élection. A quoi la sénéchaussée réplique en entamant des poursuites contre le geôlier qui a déféré aux ordres de l'élection. On ignore les suites de l'affaire... Dans un bref commentaire M. Borzeix insiste sur l'importance sociale des débits de boisson et, partant, sur la fréquence des troubles engendrés par les entraves mises à ces commerces (Felletin, 1640 ; Rochechouart, 1674...), mais il ne fournit aucun éclaircissement sur l'antagonisme opposant, à Guéret, les gens de justice à ceux du fisc.
— Mme Andrée Mansau envoie une étude sur Varillas et Baltasar Gracian, dans laquelle elle compare les deux portraits que l'historien guérétois et le jésuite espagnol ont tracés de Ferdinand le Catholique.
— M. Jean-Pierre Larduinat a trouvé aux Archives nationales deux pièces relatives à l'imprimeur Revers, installé à Guéret dès 1712 et qui est accusé, en 1718, avec sa femme et sa belle-fille « d'avoir fabriqué et distribué du papier par eux faussement timbré, avec empreinte contrefaite ». On ne sait quelles furent les suites de l'affaire, ni, surtout, si Revers était imprimeur en 1715, en même temps que Sorin, qui imprimait à cette date une Vie de saint Pardoux traduite du latin par Joseph Couturier de la Prugne.
— M. Daniel Dayen a entrepris le recensement de toutes les modifications territoriales qui ont eu lieu dans la Creuse depuis 1789 : communes disparues au cours de la Révolution, communes supprimées aux XIXe et XXe siècles, modifications cantonales, changements de nom, hameaux ayant changé de commune... Cette étude sera publiée.
— M. Paul Saillol fait une double communication : 1° il présente un arrêté pris en 1823 par le marquis de Villeneuve, préfet de la Creuse, qui organise la conservation de tous les « vestiges » historiques du département, devançant ainsi la « Société des Antiquités de la Creuse » et la création, en 1837, de la Commission des monuments historiques (cf. Michel Duchein, Mélanges Hemmer, p. 20-23) ; — 2° il retrace l'évolution agricole dans la Creuse de 1815 à l'arrivée du chemin de fer en 1864, observant que ce n'est qu'après les guerres de l'Empire que la reprise s'est amorcée, grâce notamment à la réfection et l'extension du réseau vicinal et routier.
Economie
— M. Charles Rousseau, poursuivant sa réflexion sur les ressources exploitées ou potentielles du Limousin qui peuvent constituer les atouts de l'avenir, dresse le bilan de dix années d'activité touristique. Les hébergements et leur fréquentation montrent que les deux types de tourisme qui cherchent à se faire place — d'une part des structures organisées, dont Vassivière est l'exemple, d'autre part ce qu'on peut appeler un « tourisme diffus » — créent l'un et l'autre des liens entre la population locale et la population touristique. Pour M. Rousseau, c'est là l'intérêt le plus évident du phénomène touristique : un atout certain pour sortir la région de son isolement. Son étude sera publiée.