ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 7 MAI 1914
L'assemblée générale annuelle de la Société a eu lieu le 7 mai 1914, au musée, à 2 heures de l'après-midi.
Étaient présents : MM. Delannoy, président ; commandant Laroche, secrétaire ; Lacrocq, vice-secrétaire ; Autorde, conservateur ; Lefour, trésorier ; Pichon, adjoint au trésorier ; Des Cheises, administrateur ; Peyrabon, bibliothécaire ; Paquet, avoué ; Mozer.
MM. Albert Mazet, Bellet, Pineau, de l'Etang, ont exprimé par lettres leur regret de ne pouvoir assister à la réunion.
M. le président déclare la séance ouverte et annonce à l'assemblée que quatre de nos collègues sont morts pendant l'année : MM. Dupic, Lassarre, Pineau de Montpeyroux et Mme Tixier de Lachassagne, née Fayolle ; il adresse aux familles des membres décédés les bien vives et sincères condoléances de la Société.
M. le président présente les comptes de 1913 en recettes et en dépenses.
COMPTES DE L'EXERCICE 1913
RECETTES
Reste en caisse au 31 décembre 1912... 2.972 | 40
Mandat du département | 700 | »
Mandat de la ville | 500 | »
96 cotisations | 960 | »
Vente de bulletins | 28 | »
Rente 3% | 15 | »
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TOTAL | 5.175 | 40
Dépenses | 2.611 | 95
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Reste en caisse le 31 décembre 1913..... 2.563 | 45
(Le livret de la Caisse d'Épargne est de 1.390 fr. 07).
MM. des Cheises et Paquet sont désignés pour vérifier ces comptes ; après examen sur pièces, les comptes sont déclarés exacts et approuvés par l'assemblée.
PROJET DE BUDGET POUR 1914
EN RECETTES
Reste en caisse le 31 décembre 1913 | 2.563 | 45
Cotisations | 1.000 | »
Subvention du département | 700 | »
Subvention de la ville... 500 | »
Rente de l'État | 15 | »
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TOTAL | 4.778 | 45
EN DÉPENSES
Bulletin, impression, brochage et envoi...... 1.200 | »
Salaire des gardiens | 450 | »
Abonnement et cotisations | 32 | »
Acquisitions pour le musée et réparations | 500 | »
Conservation des collections | 100 | »
Fouilles et recherches | 100 | »
Réserves et dépenses imprévues | 2.096 | 45
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TOTAL | 4.778 | 45
Lors de la dernière séance générale, il avait été décidé qu'une séance supplémentaire aurait lieu le 26 octobre 1913. Dans cette séance supplémentaire, il a été fait diverses communications intéressantes, reproduites dans le bulletin de cette année ; M. Delannoy demande s'il ne conviendrait pas de décider qu'une réunion générale aurait lieu le troisième dimanche du premier mois de chaque trimestre, à 2 heures. Chacune de ces réunions serait rappelée au souvenir des membres de la Société par une note insérée dans les journaux locaux, huit ou quinze jours avant la date de la séance ; cette proposition est adoptée par la Société.
M. Louis Lacrocq signale la publication récente au Journal Officiel de la liste des monuments historiques classés pour le département de la Creuse. Cette liste comprend :
1. Huit églises : Bénévent, Bourganeuf, Chambon, Évaux, Felletin (Le Moutier), Malval, La Souterraine, Toulx-Sainte-Croix ;
2. Deux portails : celui de l'ancienne église de Dun-le-Palleteau et celui du Moutier-d'Ahun ;
3. Les restes de l'ancien château de Bourganeuf ;
4. Les restes des thermes romains d'Évaux ;
5. Cinq mégalithes : dolmen de Blessac, menhir de Champagnac, dolmen près de Dun, dolmen de La Serre-Bussière-Vieille, menhir de La Jeraphie, près La Souterraine.
Il fait remarquer que beaucoup d'autres monuments de notre département mériteraient d'être classés : les églises de Lupersat, du Grand-Bourg, de Sagnat, pour ne citer que quelques exemples, présentent un intérêt archéologique considérable ; il est à souhaiter que tous ceux qui s'intéressent au passé s'efforcent de provoquer des classements nouveaux ; notre Société en a émis le vœu à diverses reprises, et tout récemment elle s'est occupée du classement de la lanterne des morts de Saint-Goussaud, sur la proposition de notre collègue, M. l'abbé Dercier.
M. Lacrocq demande aussi qu'il soit fait un dépouillement méthodique des livres, articles de périodiques et de journaux contenant des renseignements intéressants sur l'histoire, l'art et l'archéologie de notre province, et que ce dépouillement, communiqué aux assemblées trimestrielles, soit ensuite publié dans le bulletin.
MM. le commandant Laroche, Louis Lacrocq et Autorde signalent l'intérêt qu'offrirait également un catalogue de tous les monuments artistiques et archéologiques de notre département, comprenant des illustrations et de courtes notices descriptives et historiques.
M. Autorde, rappelant que la Société, dans une précédente séance, a décidé de faire entrer, dans la composition de nos bulletins annuels, par fractions successives, le Dictionnaire des Antiquités préhistoriques et d'époques incertaines, antérieures à la domination romaine, laissé manuscrit par le savant M. de Cessac, l'un de nos anciens présidents, demande s'il ne conviendrait pas de placer en tête de cette publication (à titre d'introduction), bien qu'elle ait paru en 1871 [sic]* dans le Bulletin monumental, l'étude du même auteur intitulée : « Coup d'œil sur l'homme préhistorique dans la Creuse ». Les exemplaires du tirage à part qui a été fait de ce travail sont devenus très rares, et il est extrêmement difficile de s'en procurer. Plusieurs membres de notre Société seraient sans doute heureux de rencontrer cette publication dans nos mémoires. M. Pierre de Cessac y a condensé, dans un tableau d'ensemble et des conclusions générales, les observations nombreuses qu'il a faites, sur un sujet qui l'intéressait particulièrement. Cette étude constitue, sans conteste, un des chapitres les plus documentés sur le passé de notre pays : la préhistoire a fait depuis cette époque indiscutablement de grands progrès, et de nouvelles découvertes, il faut l'espérer, pourront encore s'ajouter à celles qu'a utilisées notre ancien président ; toutefois on peut penser qu'elles enrichiront surtout, par un plus grand nombre de pièces, et peutêtre par quelques variétés, les types qui nous sont connus. Chez nous, en effet, les stations sont toutes de surface, et les matériaux qui, ces temps derniers, ont apporté de si nombreuses révélations sur la vie, les mœurs et même sur l'art des hommes des premiers âges, ont été extraits de grottes et d'abris que la constitution géologique du sol n'a pas permis de former dans notre département.
L'assemblée émet un avis favorable à la proposition de M. Autorde.
M. le Président énumère les dons qui ont été faits au musée, depuis la dernière assemblée générale :
· Un tableau de Mme Leloir, Lavandières creusoises.
· Un Intérieur d'atelier, par Mlle Polonceau, qui a figuré au Salon ;
· Une gravure à l'eau-forte reproduisant une Vue de Crozant au XVIIIe siècle, par M. Eugène Alluaud ;
· Plusieurs dessins lithographiés par M. Thary, professeur de dessin au lycée de Châteauroux, chargé d'un cours à l'École des arts décoratifs d'Aubusson, représentant des vues de la Creuse.
Le secrétaire,
Commandant LAROCHE.
SÉANCE DU 19 JUILLET 1914
Présents : MM. Delannoy, président ; commandant Laroche, secrétaire ; Louis Lacrocq, vice-secrétaire ; Lefour, trésorier ; Autorde, conservateur du Musée ; Mercier, Mozer, Wuiet.
M. le Président propose la candidature de M. André Mazeron, bâtonnier de l'ordre des avocats à la Cour d'Appel de Limoges, présenté par MM. Autorde et Louis Lacrocq. M. Mazeron est admis comme membre de la société.
M. le Président demande à l'assemblée de voter une gratification annuelle de 50 francs à Mme Giraud, femme du concierge du Musée. Cette gratification est votée.
M. Autorde a la parole pour les communications suivantes :
1° Il place sous les yeux de ses collègues une série de lithographies représentant diverses vues d'Aubusson et de Felletin, prises par M. Léon Thary, professeur de dessin au lycée de Châteauroux et à l'École des arts décoratifs d'Aubusson, puis une eau-forte de M. Eugène Alluaud, artiste peintre à Limoges, reproduisant, en fac-simile, un dessin à la plume, non signé, des ruines de Crozant au XVIe siècle. Ces différentes estampes, en plus de l'intérêt documentaire qu'elles offrent pour notre collection d'iconographie locale, sont très artistiques et constituent de véritables raretés, ayant été tirées à un nombre extrêmement réduit d'exemplaires.
2° M. Autorde entretient l'assemblée de la découverte d'antiquités gallo-romaines, faite récemment au Masforeau, commune de Saint-Christophe, par M. Étienne Jullien, en creusant des fouilles dans un de ses champs, situé sur la rive gauche du ruisseau du Chapitre et appelé des Caurades, terrain qu'il continue, d'ailleurs, à explorer dans ses différentes parties. M. Autorde s'est rendu sur les lieux avec nos deux confrères, MM. Arfeuillère et Louis Lacrocq. La pièce la plus importante mise au jour est une colonne moulurée, dans laquelle M. Autorde a cru reconnaître un cippe funéraire. (Une colonne d'une grande analogie avec celle du Masforeau, a été découverte, ces temps derniers, par M. Annet Lajoie, dans des terrains dépendant du village de Montmoreau, commune de Saint-Priest-d'Évaux.) Parmi les débris, abondent des fragments de tuiles à rebords ; on remarque également, des fragments de vase en poterie rouge, dite terre samienne. Un de ces fragments porte la marque de potier SENOM. L'attention de M. Autorde a été particulièrement appelée par une scorie de fer et un petit bâton informe, de terre rougeâtre, recouvert en partie d'un vernis d'un blanc laiteux, qui s'est solidifié sur l'objet en couches inégales. Déjà, M. de Cessac avait signalé l'existence de scories identiques dans une commune voisine, à Savennes, au Masgirald, tènement du village de Reilhat. De son côté, M. Autorde en a remarqué également en assez grande quantité dans un champ voisin du tumulus de Drouilles, commune de Saint-Éloi. Les mêmes matières provenant du traitement du minerai de fer ou de la fento [sic] se trouvent donc dans trois communes limitrophes. Dans le rapprochement de ce fait et de la présence d'un morceau de terre cuite émaillée, bien que non façonnée, avec diverses constatations qu'il a faites en étudiant la composition des murs vitrifiés du Puy-de-Gaudy, M. Autorde croit trouver une présomption que des ateliers d'industries métallique et céramique, qui s'alimentaient de combustible dans la forêt de Chabrières, selon toute vraisemblance, plus vaste à l'époque gallo-romaine qu'aujourd'hui, ont existé dans la contrée. M. Mercier donne, à ce propos, des indications sur les recherches minéralogiques qu'il fait en ce moment dans la commune d'Anzême.
3° M. Autorde rend compte, avec des photographies et un plan dus à notre confrère M. A. Mazet, de la découverte d'amorces de galeries, de fossés et excavations que celui-ci a faites dans le parc de son habitation, au Donzeil. Les excavations rondes affectent en grand nombre la forme sphérique et ont, dans leur partie la plus large, de 0 m. 90 à 1 m. 60 ; quelques-unes sont reliées par des galeries ; elles paraissent être des silos ; une galerie d'une certaine longueur, et non complètement dégagée, pourrait être l'amorce d'un souterrain refuge. Diverses excavations, longues et étroites, vaguement creusées en cuvettes, d'une longueur qui varie de 1 mètre 30 à 2 mètres, semblent bien avoir servi de fosses pour inhumations. Cette hypothèse est d'autant plus vraisemblable que le terrain fouillé est à proximité de l'église. On se demandera si tombes, silos et galeries sont contemporains ou datent d'époques différentes. Rien n'interdit de supposer que l'église, qui date du XIIe siècle, fut édifiée dans un lieu habité depuis de longs siècles. Pour résoudre le problème à l'aide des objets rencontrés sur le terrain, on ne possède que deux rouelles de fuseau en terre cuite, dites fusaïolles, sans ornement, et qu'en conséquence aucun caractère déterminé ne permet d'attribuer à une époque de préférence à une autre. Elles paraissent bien, toutefois, remonter à une assez haute antiquité. On peut, par certains côtés, rapprocher cette découverte de celle qui fut faite à La Ribière, commune de Saint-Sulpice-le-Guérétois, et qui a été l'objet d'une étude parue, en 1892, dans le tome VII, page 375, des Mémoires de notre Société.
Lecture est ensuite donnée d'une note de M. Maurice Pineau, qui n'a pu assister à la séance :
Chardemont, autrefois Cherdemont, se trouve à 2 kilomètres de Guéret, sur la route qui conduit à La Châtre. On y voit encore une assez belle maison qui a l'aspect d'une construction Louis XV. La terre, actuellement presque entièrement démembrée, était un fief mouvant dans la châtellenie de Guéret.
Dans son Livre de Raison, publié en 1888 par M. Leroux, archiviste de la Haute-Vienne, le président Alexis Chorllon, né le 25 mars 1634, nous fait connaître que son père, noble Isaac Chorllon, et sa mère, Jeanne Cyallis, se marièrent le 15 novembre 1627 et il ajoute : « Comme ma mère avait une métairie à Cherdemont, cela obligea mon père, etc... »
Parmi d'anciens papiers de la famille Chorllon qui m'ont été communiqués, il y a quelques années, se trouve une ordonnance du 26 juin 1732 de « Benjamin de l'Isle du Gast, » évêque de Limoges, sur rapport de Philippe Dubreuil, » sieur de Ville, prêtre, conseiller du Roy au siège présidial » de Guéret et promoteur à l'officialité d'iceluy, portant » autorisation à noble Chorllon de Cherdemont, président » au présidial de la Marche, de faire célébrer la messe dans » la chapelle qui se trouve à sa maison de campagne, située » dans le village de Cherdemont, en la paroisse de Gué» ret..., à la condition de n'admettre d'assister à la messe, » les jours de dimanche et de fête, les habitants de la paroisse, » sans nécessité évidente... Pourront néanmoins être admis » les vieillards, les femmes enceintes [sic] et les nourrices, etc. »
Le rapport qui précède l'ordonnance fait connaître que la chapelle a été édifiée en remplacement d'une plus ancienne que, par acte notarié de l'année 1643, Isaac Chorllon avait dotée d'une rente de trente livres qui continua à être servie à perpétuité.
Il m'a été impossible de retrouver trace de la chapelle de 1732 et je n'ai pu avoir ni renseignement ni souvenir des habitants du pays à son sujet. Il se peut qu'elle ait été englobée dans des bâtiments d'exploitation ou démolie et rasée pendant la Révolution.
Le musée de Guéret possède une cloche en bronze de 25 centimètres de hauteur et de 21 centimètres de diamètre qui porte en relief l'inscription suivante : AD MAGNAM DEI GLORIAM ISAAC CHORLLON 1649 (cette cloche a été signalée par M. l'abbé Lecler dans son Étude sur les cloches de l'ancien diocèse de Limoges, mais le relevé qu'il donne de l'inscription n'est pas tout à fait exact). Les registres d'entrée du musée n'en font pas mention.
Le docteur Villard, dans ses Notes sur Guéret, estime que certainement cette cloche n'a jamais appartenu à l'église paroissiale de Guéret et il ajoute : « D'où peut provenir cette » cloche ? d'une des nombreuses chapelles qui existaient » alors, assurément, mais sans qu'il soit possible d'indiquer » exactement laquelle. » (Mémoires de notre Société, vol. XII, p. 445, note.)
Je crois que, sans crainte d'erreur, on peut considérer que cette cloche provient de Cherdemont et qu'elle est le dernier souvenir que nous possédons de la chapelle édifiée par la famille Chorllon...
La terre de Cherdemont passa de la famille Chorllon à la famille Tournyol et le dernier propriétaire du nom, Tournyol de La Rodde, ayant émigré, elle fut séquestrée et vendue comme bien national pendant la Révolution.
M. Louis Lacrocq fait la communication suivante : On ne connaît pas la date exacte à laquelle Guéret fut entouré d'une enceinte de murailles ; une ordonnance de Bernard d'Armagnac, de 1434, publiée dans les Archives historiques du Limousin (archives anciennes, V. 317), justifie seulement qu'elles ne doivent pas être de beaucoup antérieures à cette année 1434. Un marché du 6 juillet 1446, publié par M. Duval, dans ses Chartes communales (pp. 68, 69), fournit la date de la surélévation de l'une des portes, la Porte française ou Piquerelle, travail qui fut confié au maçon Guillaume de Maindigour. On sait également que ces murailles, mal entretenues, tombaient en ruines au XVIIIe siècle. Un document inédit des Archives de la Creuse (non encore classé, série E) apporte quelques précisions à l'histoire de nos fortifications pour la période intermédiaire. C'est un compte présenté, devant le Sénéchal de la Marche, par les consuls de Guéret pour l'année 1609 aux consuls qui leur succédaient pour l'année 1610, des deniers employés aux réparations des fortifications. Ces travaux avaient consisté, principalement, dans les réparations de la Porte du Chancelier (or Marchedieu) et dans une consolidation de la Porte de Montpellier, qui avait été ébranlée « par la chute de l'escalier estant au pied ». Le document donne le nom du « conducteur d'œuvre », qui était Antoine Michelet, et de quelques ouvriers, notamment de Jehan Delaigue, menuisier, qui avait « racoustré les bois, portes et serrures », de Jehan Michon, charpentier, qui avait fait les étais. Il énumère, semaine par semaine, du 4 mai au 20 septembre 1609, les sommes payées aux ouvriers. Il fait aussi mention des dépenses soldées à l'occasion d'un arrêt rendu par la Cour des Aides, pour des difficultés relatives au « maniment et administration des artillerie, poudre, boulets et munitions » de la ville. Le total des sommes dont il est rendu compte est de 1380 livres tournois. Les noms des consuls de 1609 et de 1610, que contient le document, sont déjà connus ; la liste dressée par le Dr Villard (Notes sur Guéret, Mémoires de notre société, X. 206) les indique.
M. Louis Lacrocq communique à ses collègues une photographie du menhir de Ménardeix, commune de Pionnat, au relèvement duquel notre société a récemment contribué. Cette photographie a été faite par M. Chamberaud, instituteur en retraite à Guéret.
Le secrétaire,
Commandant LAROCHE.
SÉANCE DU 18 OCTOBRE 1914
M. Delannoy, président, fait à l'assemblée les communications suivantes :
1°. J'ai reçu le 5 octobre de M. le Président de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Clermont-Ferrand, la lettre ainsi conçue :
« MONSIEUR LE PRÉSIDENT,
» La nouvelle de la destruction de la bibliothèque de Louvain et de l'anéantissement des trésors sans prix qu'elle renfermait, a causé dans toutes les nations civilisées une profonde stupeur, et a soulevé un mouvement unanime de réprobation indignée.
» Un jour viendra, prochain nous l'espérons, où l'Université de Louvain relèvera ses murailles et restaurera ses chaires ; mais elle sera malheureusement impuissante à reconstituer les richesses inestimables détruites.
» Sa nouvelle bibliothèque ne remplacera jamais l'ancienne, du moins sera-t-elle comme un mausolée marquant la place du tombeau, où les barbares ont voulu ensevelir l'Art et la Science.
» L'Académie des Sciences, Lettres et Arts de ClermontFerrand tient à honneur d'apporter une modeste pierre à ce futur monument, et elle vient de décider d'offrir à l'Université de Louvain la collection complète des volumes de ses annales, de ses mémoires et de ses bulletins.
» J'ai l'honneur de porter cette décision à votre connaissance, et de vous demander de vouloir bien proposer à la savante société que vous présidez de s'associer au sentiment qui l'a dictée, en prenant elle-même une semblable délibération.
» Je vous serais très reconnaissant de me faire connaître si nous pouvons compter sur votre précieuse adhésion.
» Veuillez agréer... etc. »
L'Assemblée, consultée par M. Delannoy, approuve à l'unanimité la réponse qu'il va faire à cette communication et qui est ainsi libellée :
« Dans sa séance du 18 octobre 1914, notre Société a décidé d'imiter votre généreuse initiative, elle offrira à l'Université de Louvain, la collection complète de ses mémoires, dès que les Allemands auront été chassés de la Belgique. »
2°. J'ai reçu également de la Société Nationale des antiquaires de France, la protestation suivante :
« MONSIEUR LE PRÉSIDENT,
» La Société des antiquaires de France, réunie le 23 septembre au Musée du Louvre, dans le local ordinaire de ses séances, a voté par acclamation la protestation suivante contre le crime de Reims :
» Dans la journée du 19 septembre 1914, l'armée allemande, sans aucune nécessité militaire, a incendié et détruit intentionnellement la cathédrale de Reims ; notre glorieux sanctuaire historique, merveille incomparable de l'art Français au moyen-âge, s'est écroulé dans les flammes ! l'univers civilisé a été saisi de stupeur en apprenant ce forfait monstrueux, dont la honte retombera à jamais sur ceux qui l'ont froidement prémédité ; la lueur des incendies de Louvain et de Reims demeurera ineffaçable et vengeresse, elle éclairera la postérité.
» La Société des antiquaires de France proteste avec indignation contre les outrages répétés de l'armée allemande, aux droits les plus sacrés de la Science, de l'art, de la foi et de l'humanité ; elle convie instamment les Sociétés Françaises ou étrangères, avec lesquelles elle entretient des relations, à joindre leurs protestations motivées à la sienne. »
Le 29 septembre, j'ai répondu à la Société des antiquaires de France :
« Notre Société partage votre douloureuse indignation, » elle proteste hautement contre le crime de Reims et flétrit l'odieuse conduite des Allemands. »
L'Assemblée consultée, approuve la réponse faite par son président et partage son indignation.
Le Secrétaire,
Commandant LAROCHE.