ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 13 JUIN 1911

 

Présidence de M. DELANNOY

A 2 heures la séance est ouverte,

Sont présents : MM. Delannoy président, Commandant Laroche secrétaire, Lefour trésorier, Autorde et Bordier conservateurs, Lacrocq vice-secrétaire, Pichon, Porthaut, Desguison, Cusinet.....

MM. Goubaud, de Beaufranchet, Bellet, de St-Martin, Gioux, Général de Vaureix et de Beaufret ont exprimé par lettre le regret de ne pouvoir assister à la séance.

M. le Président prend la parole.

« Cette année la société a perdu deux de ses membres, M. Frémonteil, ancien administrateur, qui était notre collègue depuis 32 ans ; et M. Rouart administrateur, je perds en lui un vieil ami, et le Musée voit disparaître le plus généreux de ses donateurs ; l'an dernier encore il nous avait envoyé 10 tableaux ; il avait de nombreuses relations à Paris, et aurait obtenu beaucoup pour notre Musée, à présent qu'il est largement installé.

« J'adresse aux familles de nos collègues décédés les bien sincèrès condoléances de notre Société. »

Il y a lieu de procéder à la nomination d'un administrateur. Le vote a lieu immédiatement, et M. Henri des Cheises, ancien magistrat, est élu.

M. Louis Lasnier, avocat à Guéret, a adressé sa démission le 12 décembre dernier.

Nous avons deux nouveaux collègues : MM. Pluyaud instituteur à Guéret, et la bibliothèque communale de Limoges, dont le directeur M. Caillet a fait paraître deux articles dans notre dernier volume.

M. le Général de Vaureix nous annonce l'envoi d'un nouvel article pour notre bulletin.

La société d'émulation du Bourbonnais nous prévient, qu'ayant diminué son tirage, elle ne fera plus l'échange mais nous échangerons nos publications avec le groupe d'études Limousines à Paris.

Madame Boyer à Guéret demande à faire partie de notre société, elle est présentée par M. Lefour et M. Delannoy ; M. Mercier à Charballoux près Guéret, présenté par MM. Bordier et Autorde sollicite également son admission.

L'assemblée consultée approuve ces deux nominations de sociétaires.

Notre collègue M. Bellet propose de provoquer le classement, comme monument historique, de la Tour en ruine de Bridiers, près la Souterraine ; car le temps et la pioche des démolisseurs auront bientôt fait disparaitre ce qui reste encore du château des Vicomtes de Bridier. Cette proposition mise aux voix est adoptée, et fait naître une discussion des plus intéressantes. Plusieurs membres prennent la parole, et tous expriment le désir de voir la Société prendre en mains la protection des monuments, des églises et des objets d'art remarquables du département.

Dans le même ordre d'idées, M. Louis Lacrocq, vice-secrétaire, donne lecture à l'assemblée du vœu suivant :

« La chapelle de Notre Dame de la Borde, commune de St-Michelde-Veisse, arrondissement d'Aubusson, est un des plus intéresnants monuments religieux de notre département. Construite en 1524, elle offre un charmant exemplaire du Gothique finissant. Sa porte principale que surmonte une jolie et sobre archivolte, une autre porte, un pignon à crochets, la voûte bien établie sont d'un très bon style. Elle abrite deux objets précieux : un vitrail daté de 1522 qui représente un arbre de Jessé, et une tapisserie d'Aubusson du XVIIe siècle, rappelant la légende de la fondation de la Chapelle.

« Le vitrail de la Borne est classé comme monument historique, mais la chapelle ne l'est pas, la tapisserie non plus ; or, la chapelle est dans un état de délabrement complet, le clocher menace ruine, la toiture est très abimée, l'humidité envahit l'édifice. Si un prompt remède n'est pas apporté, il en sera bientôt fait de la chapelle de la Borne, de son vitrail et de sa tapisserie. Il faudrait que l'édifice fut classé ; en même temps il conviendrait de classer la tapisserie. Enfin il serait désirable que la même protection s'étendit à une croix sculptée du XVIe siècle qui se trouve dans le village.

« C'est pourquoi je propose à la Société d'adopter le vœu suivant : La Société des Sciences archéologiques de la Creuse demande aux autorités compétentes de vouloir bien classer le plus promptement possible, dans l'intérêt de l'art et de l'histoire locale : 1º la chapelle de Notre Dame de la Borne en son entier ; 2º la tapisserie qui se trouve dans cette chapelle, 3º la croix sculptée du village de la Borne. »

Ce vœu est adopté par la Société ; en outre elle décide de proposer le classement des édifices et objets mobiliers du département non encore classés qui, après examen, lui paraîtraient mériter cette protection.

Voici les comptes de l'année 1910 :

RECETTES

Reste en caisse au 31 décembre 1909........ 3.064 fr.

Subvention du département 700 »

de la Ville de Guéret 500 »

98 Cotisations | 980 »

Vente de bulletins 34 »

Rente sur l'Etat.... 15 »

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TOTAL 5.293 fr.

Les dépenses s'élèvent à........ . 1.667 | 35

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Et il reste en caisse au 31 décembre 1910.... 3.625 fr 65

Le livret de caisse d'épargne est de........... 1.272 fr. 14

MM. Pichon et Lacrocq sont désignés par M. le président pour vérifier ces comptes de l'année 1910 écoulée ; les livres, quittances, factures, etc., sont mis à leur disposition, les comptes sont déclarés exacts et approuvés par l'assemblée.

M. le président donne lecture du projet de budget de 1911 en recettes et en dépenses :

RECETTES

En caisse le 31 décembre 1910.... 3.625 fr. 65

Cotisations.. 950 »

Subvention du Département 700 »

de la Ville..... 500 »

Rentes sur l'Etat.. 15 »

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TOTAL...... 5.790 fr 65

DÉPENSES

Bulletins avec illustrations et envoi.... 1.200 fr »

Salaire des gardiens... 400 | »

Abonnements et cotisations 32 | »

Conservation des objets. 300 | »

Acquisitions pour le Musée et réparations...... 600 | »

Poste et correspondance 100 | »

Fouilles et recherches 100 | »

Supplément pour frais d'installation 3.058 | 65

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TOTAL...... 5.790 fr 65

Le projet de budget est approuvé. M. le Préfet écrit à M. le Président que le Conseil Général a mis une somme de 700 francs à la disposition de la Société ; la ville de Guéret nous a donné 500 francs, et le Ministre des Beaux-Arts a accordé une somme de 2.250 francs à la ville de Guéret pour l'aider à terminer l'installation de son Musée.

« M. Delannoy propose de voter des remerciements à M. le Préfet, au Conseil Général et au Ministre des Beaux-Arts qui a aussi envoyé au musée un tableau de notre compatriote médaillé, M. Grateyrolle : « La mort d'Atala ». M. Porthaut offre au musée, au nom de son ami M. Vincent, 2 superbes cygnes naturalisés qui ont été tués en Bavière.

« Le conseil municipal de Maisonnisses ayant décidé de vendre la statue d'un chevalier du Temple, qui est dans l'église, M. le Préfet m'a demandė si le Musée était disposé à en faire l'acquisition et à quel prix ? J'ai répondu que le Musée maintenait le prix de 300 francs, offert il y a quelques années. Il paraît que la commune a accepté cette offre, et qu'elle est en instance pour obtenir l'autorisation nécessaire.

« M. le Préfet m'a également demandė si le Musée désirait recevoir un vitrail et une tapisserie actuellement dans la chapelle de la Borne, et, dans l'affirmative quel sacrifice le Musée pourrait s'imposer ? J'ai répondu que le vitrail étant classé comme monument historique ne pouvait être vendu ; quant à la tapisserie elle présente un grand intérêt historique, et elle a, au point de vue artistique, une valeur considérable. La conservation de ces deux objets précieux étant compromise dans la chapelle de la Borne qui est dans un état de délabrement complet, j'ai offert de les recevoir au Musée, simplement en dépôt. Je n'ai pas reçu de réponse à cette proposition. »

Plusieurs membres de l'assemblée désireraient savoir quel est en dehors des budgets ordinaires, l'état actuel des fonds octroyés à la Société ?

En 1909 le Ministre des Beaux-Arts nous avait accordé 550 francs pour faire l'acquisition de vitrines ; le 22 juillet 1910, il nous restait, des fonds provenant de la loterie, une somme de 7.400 francs, sur laquelle on devait imputer le prix des vitrines ; et cette année, le Ministre des Beaux-Arts vient encore d'accorder à la ville de Guéret une nouvelle somme de 2.250 francs pour l'aider à terminer l'installation du Musée.

La recette municipale doit savoir ce qu'il reste de l'ensemble de ces subventions.

Depuis quelque temps, les dispositions relatives à la visite du Musée ont suscité de vives plaintes dans le public. Le jeudi notamment, beaucoup de parents venant voir leurs enfants qui sont dans les établissements d'instruction, les conduisent au Musée, et se retirent fort désappointés de ne pas être admis, n'ayant pu obtenir une permission écrite, soit que l'heure des trains ne leur ait pas permis d'aller la demander, soit à cause de l'absence de MM. les conservateurs.

L'assemblée consultée décide, qu'à l'avenir, le Musée sera ouvert au public gratuitement le dimanche de 1 à 4 heures, et le jeudi de 2 à 4. Les autres jours de la semaine, une autorisation écrite d'un des conservateurs sera nécessaire pour visiter le musée, ou bien la présence d'un des membres de la Société. Pendant ces visites particulières, il sera perçu 0 fr. 50 par personne non sociétaire, et ces cinquante centimes seront versés dans la caisse de la Société : une affiche placardée dans le Musée en informera les visiteurs.

Enfin MM. les conservateurs sont priés de faire exécuter d'urgence les mesures de sécurité votées le 22 juillet 1910.

Personne ne demandant la parole, M. le Président lève la séance.

Le Secrétaire, COMMANDANT LAROCHE.