ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 31 MAI 1907

 

Présidence de M. DELANNOY

L'assemblée Générale annuelle de la Société a eu lieu le 31 Mai, à 2 heures, à l'Hôtel de Ville.

Étaient présents : MM. Delannoy, Commandant Laroche, Autorde, Gallerand, Pâquet, Amiault, Auclair, Dr Bordier, Pineau de Montpeyroux, Peyrabon, Porthault, Chantrelle, Lefour.

MM. Antoine Thomas, Defumade, Louis Lacrocq, Jules Picard, Goubaud et du Beaufret ont exprimé par lettres le regret qu'il éprouvent de ne pouvoir assister à la réunion.

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.

M. le Président prend la parole : « il signale avec regret à l'assemblée la mort de Mesdames Picard de Granchamp et Emile Fourest, de MM. Brunet, Aymar Joubert, Malleville Boissier, Tixier de Lachassagne, Mégret et Toumieux qui fut un des collaborateurs les plus appréciés et les plus remarqués du Bulletin, et adresse aux familles de nos collègues décédés les plus sincères condoléances de la Société, qui, cette année, a été bien rudement éprouvée.

« M. Alexandre Rousseau d'Ahun a adressé sa démission ; MM. le Dr Parain, le Dr Queyrat, et Mazeron ayant refusé de payer la cotisation annuelle, sont considérés comme démissionnaires, aux termes des Statuts de la Société, et rayés des contrôles.

« M. Antoine Thomas signale deux petites découvertes qui viennent d'être faites dans le champ trop peu fouillé de notre histoire de la Marche :

« 1° deux quatrains en patois imprimés à Paris en 1586, en tête de l'opuscule rare de François Granchier, Marchois, qui a pour titre : Les larmes, regrets et déplorations sur la mort de Jean Edouard de Monin excellent poète. M. Thomas a établi que les auteurs de ces quatrains, L. Nabeyrat et S. Brisse, étaient de Felletin ou des environs ; ce qui nous donne pour le patois de la Haute-Marche un spécimen daté extrêmement important.

« 2° un acte en parchemin (1257), dont l'original était considéré comme perdu, ce sont : Les plaintes de Madame la comtesse de la Marche vers Thibaud de Neuvic, Sénéchal du Poitou. Cet acte offre un double intérêt historique et philologique ; et les articles de M. Thomas, sur cette double découverte, paraîtront dans la Roumania, et dans la première livraison de la Bibliothèque des Chartes.

« Sont reçus membres titulaires de notre Société : MM. Peyrabon, agent-voyer en chef en retraite, présenté par MM. Autorde et Delannoy, et Madame Fourest (désirant remplacer sa belle-mère), présentée par MM. Maurice Pineau et Autorde ; ces admissions sont approuvées par l'assemblée. »

Après ce vote, M. le Président donne lecture du compte de gestion de l'année 1906 et du budget 1907.

Compte de gestion de l'année 1906

Reste en caisse au 31 décembre 1905............. 1.676 fr. 05
Subvention du Département......................... 800   
— de la Ville..................................... 600
Don de la Société amicale de la Creuse............ 100
Vente de Bulletin et Catalogues................... 187 15
Don de M. le Comte du Dognon...................... 200
15 francs de rente de %............................. 15
112 cotisations.................................. 1.120                  

TOTAL........ 4.698 20                  

Dépenses payées.... 1.332 80                  

Reste en caisse..... 3.365 40

Le livret de caisse d'épargne (31 décembre 1906) est de 1.130 f. 30.

M. le Président fait remarquer que ce restant en caisse de 3,365.40 se trouve majoré du prix de l'impression du Bulletin de 1906 qui n'est pas encore soldé, et du prix de la réparation des tapisseries que l'on doit à M. Jorrand ; ces deux dépenses figurent d'ailleurs sur le projet de budget de 1907 que voici :

Projet de Budget 1907

RECETTES

Restant en caisse au 31 décembre 1906............ 3.365 fr. 40
Subvention du Département......................... 800   
— de la Ville..................................... 600
Don de la Société amicale de la Creuse............ 100
Vente de Bulletins.................................. 40
15 francs de rente 3 %.............................. 15
Cotisations....................................... 1.000                  

TOTAL........ 5.920 40

DÉPENSES

Réparations de Tapisseries.................. 2.000 f environ
Bulletin de 1906 et envoi..................... 1.000
Bulletin de 1907 et envoi.......................... 800
Table des 15 premiers volumes du Bulletin......... 200
Salaire des gardiens............................... 250
Abonnements et cotisations.......................... 40
Conservation des Collections, ports et correspondances. 200
Acquisitions pour le Musée et la Bibliothèque...... 100
Fouilles et Recherches............................... 50
Réparations et installations dans le nouveau Musée. 1.280 40                  

TOTAL........ 5.920 40

Pendant que M. le Président donne lecture du projet de budget, MM. Pineau de Montpeyroux et Peyrabon, désignés par lui, vérifient les comptes de 1906 séance tenante ; les mandats, factures et quittances sont mis à leur disposition. Après examen, les comptes sont déclarés exacts et sont approuvés par l'assemblée ainsi que le projet de budget.

M. Delannoy prend la parole :

« Nous avons appris par M. le Préfet que le Conseil général nous avait accordé une subvention de 800 francs ; la Société amicale de la Creuse nous a fait un nouveau don de 100 francs ; la Ville de Guéret a continué son allocation de 600 francs ; et M. le Comte du Dognon nous a donné 200 francs pour participation aux frais d'impression du Bulletin de 1906 ; » des remerciements sont votés à M. le Préfet de la Creuse, au Conseil général, au Conseil municipal de Guéret, à la Société amicale de la Creuse, et à M. le Comte du Dognon.

Des remerciements sont également votés : 1° pour dons faits au Musée ; à MM. Manouvrier, Aubreton, Rouart, Antoine Thomas, Girard, Jamot, Picard ; 2° pour dons faits à la Bibliothèque : à MM. Rougerol et Thiers, Comte de Foucaut, de la Garenne, Manouvrier, Piette, Gabriel Martin, de Beaufret, Lambert, de Maugerel, de Lavillatte.

« Vous connaissez tous le vol qui a privé notre Musée de nombreux objets précieux, et notamment de nos beaux reliquaires et du buste de St-Pardoux, etc., etc..... Je ne m'appesantis pas sur cette perte, qui nous cause un véritable chagrin.

« La commission instituée, à l'effet de constituer les opérations de la loterie, s'est réunie le 10 avril ; elle a approuvé les plans faits pour l'installation du Musée dans les bâtiments de la Providence ; en demandant toutefois qu'à la pièce insuffisante destinée à la bibliothèque, on adjoigne celles affectées aux conservateurs ; ces Messieurs trouveront leurs bureaux à l'étage.

« La commission a invité M. le Maire à mettre les travaux en adjudication, dès que les plans auraient été approuvés ; le Conseil municipal ayant donné cette approbation, l'adjudication peut avoir lieu à bref délai.

« Quoiqu'il en soit, les travaux ne seront probablement terminés qu'en 1908 ; il faudra ensuite laisser sécher les plâtres, avant de transporter les tableaux et les collections ; je n'espère pas que l'installation soit terminée avant 1909. »

M. Bordier demande la parole, « le docteur déclare qu'après examen, il constate le peu de solidité des portes et des fenêtres des salles de la mairie cédées au Musée ; il serait à désirer que la Ville qui s'est engagée à loger nos riches collections prenne des mesures, pour les mettre à l'abri d'un nouveau cambriolage. »

MM. Pineau de Montpeyroux, Gallerand et plusieurs autres membres discutent alors la situation dans laquelle notre Société se trouve vis-à-vis de la Ville de Guéret, au point de vue des responsabilités.

Cette question est dominée et réglée cependant par la délibération du 6 août 1837, par laquelle la Société fait donation à la Ville de Guéret des objets composants le Musée, à condition d'en garder la conservation et l'administration ; la Ville s'engageant de son côté à fournir un local approprié pour recevoir le fond social, et à choisir les conservateurs seulement parmi les Sociétaires, et sur une liste double de candidats présenté par la Société elle-même : Cette donation a été également consentie devant M. Martial Vollant, notaire à Guéret, le 1er octobre 1837.

Pour résumer ce débat et lui donner une sanction, M. le Président est invité, en dernier lieu, à écrire à M. le Maire, et à lui exposer le peu de sécurité qu'offrent les pièces de l'hôtel-de-ville, et le prier de remédier, autant que possible, à cet état de choses inquiétant, jusqu'au moment où l'on transportera le Musée à la Providence.

A propos de ce transport et du coût du déménagement, M. Autorde demande la parole :

« Il expose : que la loterie autorisée a produit, pour nous, une somme nette de 130,000 francs, sur laquelle il a été attribué 65,000 francs à l'achat des bâtiments destinés au Musée, et 47,000 francs pour l'aménagement des dits bâtiments ; il resterait donc une somme de 18.000 francs (ou 20,000 francs, avec les intérêts) pour le déménagement, le transport, l'installation, l'achat de vitrines, etc..... Cette somme quoique faible pourrait peut être suffire ; mais après le solde des dépenses de toutes sortes engagées sur les terrains de l'ancienne Providence, restera-t-il bien 20,000 francs de disponible. M. Autorde ajoute que, dans les travaux prévus, on a malheureusement abandonné l'idée et le projet d'une galerie vitrée, mais que l'on a maintenu le chiffre 10,000 francs pour la terrasse et l'escalier monumental. »

Cette importante et délicate question fera l'objet d'un dernier paragraphe de la lettre que M. Delannoy doit adresser à la municipalité.

L'ordre du jour étant épuisé, et personne ne demandant la parole, M. le Président lève la séance.

Le Secrétaire, COMMANDANT LAROCHE.