RÉUNION GÉNÉRALE DU 10 MARS 1846
PROCÈS-VERBAL DE LA SÉANCE
PRÉSIDENCE DE M. MÉNARD DE ROCHECAVE.
Le 10 mars 1846, la Société, convoquée par une lettre spéciale de M. le Président, s'est réunie, à deux heures après-midi, dans la grande salle de l'hôtel-de-ville.
Étaient présents : MM. Ménard de Rochecave, Guisard, Fabre, Florand, Dugenest fils, Bonnafoux, Coudert-La-villatte, Niveau, avoué, Dugenest père, Bernheim, Monnet, Fillioux, etc.
M. le Secrétaire donne communication d'une lettre de M. Furgaud, Président de la Société, qui annonce que l'état de sa santé ne lui permet pas d'assister à la réunion.
En conséquence, M. Ménard de Rochecave, le plus âgé des membres présents, prend place au fauteuil comme Président provisoire.
M. le Secrétaire lit l'article 19 du règlement de la Société ainsi conçu : « En l'absence du Président de la Société, les séances ou réunions générales seront présidées par celui des membres titulaires qui sera désigné par l'assemblée. »
Conformément aux prescriptions de cet article du règlement, il est procédé, par scrutin de ballottage, à la nomination d'un Président de la séance. Personne n'ayant obtenu la majorité des suffrages à un premier tour, on fait un second scrutin, et M. Ménard de Rochecave est élu à la majorité des suffrages et proclamé Président de la séance du jour.
M. le Secrétaire fait la lecture du procès-verbal de la séance précédente ; expose, dans un rapport détaillé, les nouvelles acquisitions, les dons, les dépôts, les meubles dont le musée a été enrichi dans le cours de l'année ; mentionne, en en faisant une analyse sommaire, les travaux qui ont été publiés dans le dernier bulletin par divers sociétaires ; enfin, établit la balance des recettes et dépenses de l'année, et indique les ressources qui restent disponibles pour l'avenir.
L'assemblée arrête qu'il sera publié un bulletin de l'année 1846 et que le rapport du Secrétaire y sera inséré.
M. Fillioux demande qu'il soit établi un musée d'objets antiques, tels que colonnes, pierres tumulaires, moulures, entablements, statues, etc. L'assemblée prend cette demande en considération, et charge le conseil d'administration de faire des démarches auprès de M. le maire de la commune pour obtenir un emplacement approprié à ce nouvel établissement.
M. le Président nomme, pour la vérification des comptes, une commission composée de MM. Coudert-Lavillatte, Niveau et Fillioux. Ces Messieurs, après avoir examiné, séance tenante, toutes les pièces concernant les comptes, les ont reconnues et déclarées complètes, régulières, parfaitement exactes et conformes. Par suite de cette déclaration, la Société a donné son approbation entière et unanime à la gestion de son conseil d'administration.
Le Secrétaire a donné, ensuite, lecture d'une lettre par laquelle le Président de la Société est invité à assister au conseil général des académies, qui s'ouvrira, le 14 avril, à Orléans, sous la direction de l'Institut des provinces, et si M. le Président est dans l'impossibilité de se rendre à cette réunion, la Société est invitée à choisir au scrutin, un délégué pour l'y représenter.
L'assemblée, considérant qu'il serait utile et important que la Société fût représentée à cette réunion, et que M. le Président est, par son état de santé, dans l'impossibilité de s'y rendre, nomme, au scrutin et à l'unanimité, M. Coudert-Lavillatte, et arrête qu'il lui sera remis un procès-verbal constatant son élection.
Sur présentation faite dans les formes réglementaires, ont été reçus et proclamés membres titulaires de la Société : MM. Montaudon, premier commis de la direction de l'enregistrement à Guéret ; De Lignac, propriétaire à Montlevade ; Dechampême, docteur en médecine à Pontarion. — Membres correspondants : MM. Perquin de Gimbloux, inspecteur de l'académie de Bourges ; Cohendy (Michel), antiquaire à Clermont-Ferrand.
M. le docteur Dugenest propose qu'il soit procédé à la révision du règlement et au changement du titre de la Société. L'assemblée, considérant que le but unique de la Société ayant été, dans le principe, l'étude des sciences naturelles, le règlement était alors suffisant ; mais qu'il est devenu insuffisant et défectueux depuis que, plus tard, la Société a étendu ses études aux antiquités ; considérant, en outre, que le titre de la Société n'est pas d'une rédaction claire et convenable, décide qu'il y a lieu de réviser le règlement et de changer le titre de la Société, et, à cet effet, nomme, au scrutin, une commission de cinq membres, MM. Fillioux, Guisard, Niveau, Bonnafoux et Coudert-Lavillatte. Cette commission est chargée de préparer un nouveau règlement et de proposer un autre titre pour la Société. Il est arrêté qu'elle devra présenter son rapport en assemblée générale, dans la prochaine séance.
Signé : MÉNARD DE ROCHECAVE, président, GUISARD, secrétaire, BONNAFOUX, DUGENEST fils, FABRE, FLORAND.
RAPPORT PRÉSENTÉ PAR LE SECRÉTAIRE
MESSIEURS,
C'est un devoir, pour votre conseil d'administration, de vous soumettre, dans chaque séance annuelle, la balance des recettes et dépenses du budget de la Société ; de vous rendre compte de la destination et du mode d'emploi de ces dernières ; de vous faire connaître les ressources disponibles pour l'avenir.
Ces comptes vous ont toujours été exposés, depuis quinze ans, avec clarté et une précision rigoureuse. Aussi la vérification en a-t-elle été constamment prompte et facile et la Société n'a-t-elle jamais manqué de récompenser ses administrateurs par une bienveillante approbation.
Nous aurons à vous soumettre aujourd'hui les comptes de l'année 1845.
Nous nous acquitterons préalablement d'une autre partie de notre tâche, tout à la fois moins facile et moins délicate, mais peut-être plus importante. Elle a pour but de vous faire connaître l'accroissement de nos collections pendant le cours de l'année qui vient de s'écouler ; nos acquisitions et nos améliorations matérielles de tout genre ; enfin, de vous tracer un exposé sommaire de nos travaux, de nos découvertes et de nos progrès scientifiques.
Nous sommes bien loin, Messieurs, du temps de notre modeste origine, où nous bornions notre gloire à faire une collection ornithologique, et même d'un autre temps plus rapproché ; où nous consacrions tous nos efforts et nos ressources à réunir des objets de toutes les classifications de l'histoire naturelle et quelques rares objets d'antiquités. Non-seulement nos collections ont acquis, à tous les points de vue, une valeur sérieuse, inespérée, mais encore nos archives enregistrent, chaque jour, suivant une expression de notre honorable Président, l'histoire des productions de notre sol et celle des peuples qui ont habité notre province dans les siècles passés.
Si les conditions exigées pour être inscrit au nombre de nos membres titulaires ne justifient pas rigoureusement le titre de notre Société, personne ne pourrait nier aujourd'hui que ce titre ne soit validé par la nature de nos collections et l'importance de nos publications. On verra, par les détails dans lesquels nous entrerons plus loin, que plusieurs sociétés savantes et feuilles périodiques ont mis cette vérité au jour par les manifestations sympathiques avec lesquelles elles ont accueilli nos travaux.
N'avons-nous pas aussi, dans le nombre toujours croissant de nos membres titulaires, la preuve de l'intérêt que notre Société inspire à la plupart des hommes éclairés ? Le chiffre des rétributeurs s'est élevé au-dessus de cent pour cette année.
Notre succès est assurément un très-remarquable résultat de l'association pour le but exclusif de la science, dans un pays si éloigné de l'influence des grands foyers de lumières. Le désintéressement et les sacrifices de nos sociétaires constituent encore aujourd'hui nos principales ressources, et nous n'en avons pas eu d'autres pendant plusieurs années.
Nous nous croyons obligés, bien à regret, de répéter ici des plaintes que nous avons adressées déjà bien des fois à l'autorité. Nous ne pouvons nous expliquer pourquoi elle tient aussi peu de compte de nos besoins, de nos efforts, des résultats que nous avons obtenus, de nos droits à la justice distributive. Notre institution n'est point évidemment d'un intérêt privé. Nos collections sont la propriété de la commune et servent à l'instruction des élèves de toutes les écoles publiques, où sont reçus les enfants du pays. Nos travaux tournent au bénéfice de la science et des lumières en général, en même temps qu'ils éclairent l'histoire de notre province en particulier. D'où vient donc l'indifférence du gouvernement à notre égard ? Pourquoi n'obtenons-nous jamais, malgré nos instantes réclamations, la plus minime part au riche fonds d'encouragement voté annuellement par les chambres pour le progrès des sciences.
Le produit de nos cotisations et les allocations du conseil général et de la commune sont tout à fait insuffisants pour nous permettre de tirer, dans l'intérêt du pays et de la science, tout le parti que comportent le développement de nos collections et les circonstances.
La commune elle-même, soit impuissance, soit coupable indifférence, ne remplit pas l'obligation qu'elle a contractée envers nous, de loger nos collections. En vain le conseil municipal autorise, à chaque session, M. le maire à acheter des appartements indispensables à notre musée. On fait de l'inertie ; on nous oppose toujours une prétendue insuffisance des ressources. Nos collections restent encombrées ; ne peuvent être classées ; beaucoup de pièces ne peuvent être montées ; le travail gratuit et désintéressé des sociétaires est suspendu, et notre musée, qui pourrait être doublé en étendue, en beauté, en valeur, reste stationnaire ! Il semble qu'un mauvais génie veuille étouffer les lumières de notre pays !
Ce sont là de tristes vérités que nous répétons en vain presque tous les ans. Notre voix n'est pas écoutée. Malgré le zèle et le désintéressement de nos sociétaires, nos ressources restent insuffisantes pour tirer parti de notre situation. Cependant, si nous étions secondés, nous pourrions en faire ressortir les découvertes les plus intéressantes pour l'histoire de notre département ; mais le conseil général continue de ne nous allouer qu'une subvention disproportionnée, et aussi minime que si nous travaillions dans un intérêt privé, dans un intérêt local. Le gouvernement, sans doute mal informé, néglige toujours de nous faire participer au fonds d'encouragement.
Les mesures que nous avions prises cette année, une pétition longuement motivée au conseil général, nos travaux, nos succès, l'insistance de nos réclamations auprès de l'autorité, la visite d'un prince royal, l'intérêt avec lequel il a inspecté notre musée, les paroles flatteuses qu'il a adressées à l'administration de notre Société, tout devait nous faire espérer, plus que jamais, que l'attention du gouvernement serait éveillée en notre faveur. C'était encore une illusion.
Nous signalons cet état bien regrettable de choses à nos mandataires de la commune, du département et de la chambre législative. Nous ne pouvons nous résigner à croire que le gouvernement ne nous viendrait pas en aide, s'il était instruit de nos besoins, de nos efforts, des progrès que nous avons faits et surtout de ceux que nous pourrions faire, si les fonds ne nous manquaient pas.
Nous rappellerons aux députés de notre département que, dans une précédente session des chambres, M. le ministre de l'instruction publique a déclaré hautement qu'il n'a jamais fait un refus à une demande légitime, dans l'intérêt du progrès des sciences, et qu'il a toujours accordé des secours aux sociétés scientifiques en proportion de leurs besoins et de leurs travaux.
Quoique réduits à nos propres ressources et gênés pour notre développement, nous n'en avons pas moins obtenu des résultats remarquables dans le cours de cette année. Jusqu'à ce jour, chaque époque a eu, pour ainsi dire, son genre de progrès. Celui de l'année a porté particulièrement sur les antiquités, tant sous le rapport des collections que sous celui des publications.
Les collections archéologiques et numismatiques ont pris, en effet, un développement inaccoutumé. Nous sommes pressés de donner ici un témoignage public de notre vive reconnaissance à M. le docteur Charles Montaudon, de la Souterraine, qui nous a fait don, avec le plus noble désintéressement, de quatre beaux vases en terre et d'une urne en verre de l'ère gallo-romaine, d'un grand nombre de médailles et monnaies antiques et de trois haches celtiques.
Nous sommes d'autant plus touchés de cette libéralité, que M. Montaudon a fait cette collection avec amour et y attachait le plus grand prix. Il a compris, en homme éclairé, que de pareilles richesses, réunies en commun, profitent plus à la science que lorsqu'elles sont disséminées dans de petites collections privées. Il a donné à ses compatriotes un honorable exemple de civisme.
Indépendamment de plusieurs autres vases de l'époque gallo-romaine, restaurés par MM. Dugenest, docteur en médecine, et Niveau, avocat, nous avons acquis une pierre tumulaire avec inscription gallo-romaine, trouvée à Bonnat ; un sarcophage venant de Glénic, etc.
Plusieurs objets anciens ont été donnés ou déposés. Parmi les donateurs ou les déposants principaux, nous citerons : M. Thomas-Duris, de Dun ; Bruneau, médecin, et Giry, propriétaire, de Bonnat ; Jorrand, d'Ahun ; Raby, avoué, de Guéret ; Lavandon, de Lavillatte-Billon ; Martignon, vérificateur de l'enregistrement, de Jarnages ; Bernheim, commissaire-priseur, de Guéret, et Monneyrat, curé de Sardent. Un très-beau cippe funéraire a été découvert dans le village des Razets, commune de Roches ; un tombeau gallo-romain vient d'être trouvé à deux pas de la ville, à Montlevade.
Nous sommes redevables à l'obligeance et au zèle de MM. Gédéon Duris, avocat, et Fournier, régent au collège, de plusieurs dessins de dolmens, vases antiques, etc.
M. Jules Coudert-Lavillatte, substitut du procureur du roi au tribunal de Guéret, a publié, dans notre dernier Bulletin, la description et l'histoire de l'église de Chambon, classée par M. Mérimée au rang des monuments historiques. M. Coudert-Lavillatte a rattaché à cette étude des faits importants de l'histoire de la province de la Marche.
Dans une note très-remarquable sur les recherches des antiquités de notre département, M. Bonnafoux a indiqué, à grands traits, les indispensables précautions qui doivent présider aux fouilles des monuments antiques ; s'est plaint, avec raison, qu'elles ne fussent pas dirigées par un archéologue et a exhalé une véritable indignation d'artiste contre l'incurie, l'indifférence, le désordre avec lesquels se font particulièrement les fouilles des thermes d'Évaux. Il a démontré que les fonds alloués par le gouvernement pour cet objet étaient livrés à un déplorable gaspillage ; qu'il était très-regrettable qu'on ne daignât jamais prendre l'avis de notre Société ; enfin, il a fait des plaintes amères, mais fondées, contre le mauvais vouloir de l'administration d'Évaux, qui a laissé trop souvent briser et piller les produits précieux de ces recherches.
Peut-être ces énergiques et légitimes représentations produiront-elles quelques heureux résultats dans l'avenir !
M. Bonnafoux a fait, dans une autre notice, la description de l'église de Malval. Cet écrit a eu les honneurs de la reproduction dans divers journaux. C'est un juste hommage rendu à ce travail. On ne peut s'empêcher, en effet, en parcourant cette notice courte, mais substantielle, de ne pas admirer avec quel succès elle fait ressortir la rareté et l'importance de l'architecture du monument religieux, dont l'origine remonte au XIIme siècle.
De pareilles études sont plus qu'un simple ornement pour nos bulletins ; elles contribuent à répandre et à épurer le goût de l'architecture antique, et pourront mettre obstacle à la barbare destruction de tous les monuments historiques de notre pays.
Notre Bulletin contient encore des études, par M. Bonnafoux, sur l'erpéthologie du département. L'auteur, faisant une rude guerre à de ridicules préjugés, à d'absurdes préventions, a démontré l'innocuité des lézards, de l'orvet, de la couleuvre, des crapauds et des salamandres, et a cherché à venger ces deux derniers genres de reptiles du dégoût et de l'espèce d'horreur qu'ils inspirent généralement aux gens du monde. Il a réduit à sa véritable portée le danger que peut faire courir la morsure de la vipère de notre contrée qui n'a peut-être jamais entraîné la mort d'un être humain. Il a indiqué les moyens rationnels et efficaces de traitement à mettre en usage contre cette morsure.
Nous doutons que ces efforts obtiennent, de longtemps, plein succès contre une sotte crédulité alimentée par l'ignorance, surtout en ce qui concerne la répulsion instinctive qu'inspirent le crapaud et la salamandre ; mais cette histoire complète des reptiles de notre département n'en est pas moins un travail précieux, dont les professeurs et les élèves de nos écoles peuvent se servir pour enseigner et apprendre, avec facilité, cette partie curieuse et importante de l'histoire naturelle, pendant les promenades à la campagne, dans leurs jardins et jusque dans leurs habitations.
Ce dernier mémoire a été reproduit en entier dans l'Annuaire de la Creuse de 1846.
Grâce au zèle et aux travaux désintéressés de MM. Pailloux, docteur en médecine à Ahun, Monnet, pharmacien, et Paulin Fillioux, son élève, nous aurons bientôt un herbier complet du département, une flore de la Creuse.
Ainsi que les années précédentes, un assez grand nombre de mammifères et d'oiseaux ont été montés et encombrent nos armoires, qui ne peuvent plus s'étendre, faute de place.
La géologie et la minéralogie, qui avaient déjà tant contribué à former nos collections, ont été augmentées outre mesure. Parmi les personnes qui se sont le plus distinguées par leurs largesses et par leur zèle, nous devons citer : MM. Furgaud, notre président ; Félix Fauchier, de Paris ; Schramko, régent au collège de la Châtre ; Briotet, sous-ingénieur des mines à Poitiers ; Mercier-Génitoux, notaire à Argenton ; Monnet, pharmacien à Guéret ; Jorrand, notaire à Ahun ; Desfougères, inspecteur de l'enregistrement à Bourges, et surtout M. Ménard de Rochecave, directeur des contributions directes, qui a bien voulu enrichir nos galeries d'un grand nombre de fossiles recueillis dans plusieurs départements de France, et de quelques beaux échantillons de minéralogie.
À toutes ces richesses géologiques et minéralogiques, il faut ajouter un grand nombre d'échantillons ramassés dans des excursions faites par M. Bonnafoux sur plusieurs points du département.
Aux importantes études géologiques du département que M. Furgaud avait publiées dans nos précédents bulletins, il a ajouté, dans le dernier, une notice aussi utile que curieuse, sur les tourbes du département. Il en a signalé, dans le voisinage du village des Coussières, près Guéret, un banc assez profond et assez étendu pour pouvoir être exploité avec avantage. Le produit servirait à un chauffage économique et les cendres donneraient un bon engrais.
Enfin, le même bulletin édite un intéressant mémoire de M. Legrip, pharmacien à Chambon, qui a démontré, par d'habiles recherches analytiques, que le chaulage du blé par l'arsenic pouvait être mis en pratique, sans aucun danger pour la récolte, qui ne présente, dans ce cas, aucune trace d'arsenic, et que les plantes potagères peuvent être cultivées, en toute sécurité, dans un terrain arsénié par la pratique du chaulage à l'arsenic. M. Legrip ne regarde pas moins ce genre de chaulage comme au moins inutile.
Nos publications prennent, chaque année, un intérêt nouveau. Nous nous proposons d'enrichir de lithographies le numéro de 1846. Ce sera l'occasion d'un surcroît de dépenses. Mais nous espérons bien que le conseil général comprendra la nécessité d'élever le chiffre de l'allocation qu'il nous accorde, et que le gouvernement regardera comme un devoir de ne plus nous abandonner à nos propres ressources.
On nous a déjà annoncé plusieurs mémoires pour notre bulletin de 1846. Nous n'en faisons pas moins appel à tous ceux de nos compatriotes qui s'occupent d'études scientifiques ou archéologiques. Ce n'est que par une communauté de zèle et de lumières que nous parviendrons à agrandir et à approfondir le but de notre œuvre patriotique.
Un grand nombre de livres nécessaires à nos études ont été achetés. Ainsi qu'on le verra par la liste qui sera dressée par MM. les conservateurs ; nous avons reçu les comptes-rendus de plusieurs sociétés savantes et quelques brochures. L'académie des sciences de Clermont nous a fait l'honneur de nous offrir, et nous avons accepté avec empressement, l'échange de ses mémoires contre la collection de nos comptes-rendus.
Notre Président a reçu une invitation d'assister au conseil général des académies qui s'ouvrira, le 14 avril, à Orléans, sous la direction de l'Institut des provinces.
Si M. le Président était dans l'impossibilité de se rendre à cette importante réunion, la Société pourrait choisir, au scrutin, un délégué pour l'y représenter. Celui-ci devrait, pour être admis, être porteur du procès-verbal constatant son élection.
Enfin, MM. les administrateurs ont abonné la Société à l'Annuaire des sociétés savantes qui paraîtra incessamment pour 1846. Cet ouvrage, dans lequel notre Société doit trouver une place, est imprimé sous les auspices du ministère de l'instruction publique.
Nous avons fait construire tous les meubles que l'espace exigu de notre local a pu nous permettre de loger. Malheureusement la ville n'a pas tenu son engagement d'acheter, conformément à la décision du conseil municipal, la chambre de MM. Raby, où nous aurions eu le moyen d'agrandir le local du musée.
Le département a continué de nous allouer comme les années précédentes, 300 fr., et la ville 260 fr.
GUISARD, d. m. p.