Mémoires 1838 - Tome 1 - Cahier 1
Le premier tome de nos Mémoires parut en 1847 et était constitué du "Compte-rendu de 1838".
Nous reproduisons ci-dessous l'intégralité de son introduction qui permet de mieux cerner le sommaire de ce tout premier volume :
"L’origine de cette Société date de l'année 1832. Depuis son organisation jusqu’à ce jour, elle s’est occupée, conformément à l’obligation qu’elle s’était imposée par son titre , de recherches relatives aux sciences naturelles et archéologiques, de collections d’objets et de livres propres à l’étude de ces sciences, s'appliquant toujours, d’une manière spéciale, à ce qui concerne le département de la Creuse.
Grâce aux sacrifices des Sociétaires, aux allocations du Conseil du département et du Conseil municipal de Guéret, à quelques largesses du Gouvernement, et à des dons particuliers , la valeur actuelle du fonds de notre Musée est déjà considérable , et s’accroîtra inévitablement, à l’avenir, dans des proportions beaucoup plus rapides. Le classement méthodique de nombreux sujets, les moyens de conservation, ont exigé de la part de plusieurs membres l’emploi de beaucoup de temps et de zèle.
Les trois grandes divisions de l’histoire naturelle , la zoologie, la botanique et la minéralogie , ont reçu dans nos collections tous les développements que nos ressources rendaient possibles, et sont désormais suffisantes pour l’enseignement et l'étude de ces sciences précieuses. Plusieurs ouvrages classiques et spéciaux sur leurs diverses branches sont déjà réunis dans notre bibliothèque, comme moyens complémentaires d’instruction.
Dans la zoologie , nous possédons un assez grand nombre de mammifères originaires, pour la plupart, de notre département, une riche et brillante collection d’oiseaux, soit de nos contrées, soit des pays étrangers, la plupart des reptiles indigènes, et en outre de grandes et belles espèces exotiques, une nombreuse suite de coquilles contenant beaucoup de genres, et les espèces et variétés les plus remarquables ; enfin, nos poissons, annélides, insectes, arachnides, crustacés, zoophytes, quoiqu’en petit nombre , présentent déjà à l’étude beaucoup de sujets intéressants.
Pour la botanique, nous avons réuni, dans deux herbiers, une assez grande quantité de plantes de la France et en particulier de notre département. Cotte dernière partie de notre herbier sera bientôt rendue complète par le zèle d’un de nos membres, qui s’occupe en outre d’écrire sur l'histoire de nos plantes indigènes des mémoires destinés à être publiés. Un autre de nos collègues nous à déjà présenté un travail sur nos graminées , dans lequel il cherche à déterminer ceux de ces végétaux qui sont les plus utiles, le mode de culture qu'ils exigent et la nature du terrain qui leur est le plus favorable. Enfin, nous devons à un troisième membre de la Société quelques recherches sur la culture du mûrier et sur l’éducation du ver à soie dans notre pays, ainsi que des essais sur le phormium tenax, ou lin de la Nouvelle-Zélande, grande et belle plante exotique qui produit abondamment un tissu analogue à celui du chanvre.
Notre collection minéralogique est remarquable par le nombre et la beauté des échantillons. Outre une grande variété de minéraux destinés à l’étude, on y trouve une suite de ceux de l'Auvergne, et une autre, à peu près complète, du département de la Creuse. Nous ne nous étendrons pas ici davantage sur ce qui concerne la minéralogie. Dans un autre article , après une énumération succincte de la collection d’espèces, de celle de l'Auvergne et de celle de notre sol, nous donnerons des développements sur la nature et l’utilité des terrains de la Creuse.
La Société s’est livrée à des recherches sur l’archéologie, qui ont produit des documents précieux pour l'histoire du pays. Ainsi, un de nos membres correspondants nous a adressé un mémoire rempli de savants détails sur des restes d’anciennes voies qui attestent le passage et le séjour des Romains dans la province de la Marche. Ce mémoire manuscrit, que nous nous proposons de publier dans un prochain compte-rendu, fait partie de nos archives. Plusieurs fouilles, faites sous les auspices et aux frais de la Société, ont fait découvrir quelques médailles romaines , des vases en terre et en bronze, des urnes cinéraires en granit, en terre, en verre, de formes et dimensions variées, contenant des fragments d’os humains accompagnés parfois par d’autres objets d’antiquité.
Nous nous proposons de consigner dans ce travail des détails plus étendus sur chacune des parties de l’histoire naturelle qui sont l’objet des études et des travaux de la Société ; mais nous allons d’abord démontrer, en peu de mots , l’utilité de nos collections et de nos travaux, afin de détruire, s’il est possible, l’erreur d’un grand nombre de personnes qui croient que nous ne pouvons atteindre d’autres but que celui de récréer la vue ou de satisfaire une vaine curiosité. Nous n’aurions pas cherché à combattre cette singulière opinion si elle n’était partagée par quelques hommes influents.
Personne sans doute n'osera contester l'utilité des connaissances en histoire naturelle, qui ont détruit et détruiront encore tant de préjugés honteux, dont ne sont pas toujours assez exempts même les hommes lettrés ; qui fournissent des lumières et des applications indispensables à toutes les sciences, à tous les arts, à tous les genres d’industrie, à l'agriculture, à l’économie domestique, etc. Ceux qui n’ont aucune idée de l’histoire naturelle peuvent seuls ignorer que son étude donne à l'esprit de la méthode, de la logique, forme le jugement et développe le génie.
Or, les collections et les livres scientifiques constituent l’unique moyen de se livrer à cette étude. Un musée d’histoire naturelle est comme un immense tableau de la nature où l’on acquiert plus de savoir par une simple inspection de quelques instants, que par plusieurs mois de lectures ou de leçons purement théoriques.
Ce dernier mode d’enseignement, le seul mis en pratique pour la science naturelle dans la plupart des collèges, a le double inconvénient de faire perdre beaucoup de temps aux professeurs et aux élèves, et de ne graver que des notions très vagues et même nulles dans la mémoire de ces derniers. Notre Musée, au contraire, et par ses collections et par ses livres, présente des moyens d’enseignement puissants et rapides. Enfin, il permet de juger, en un simple coup d’œil, les richesses zoologiques, botaniques et minéralogiques de notre département.
C’est ici le lieu d'insister sur l’utilité des collections départementales, et de l’étude des productions naturelles faite avec soin et persévérance dans chaque contrée de la France. Ce travail si important, d’un si haut intérêt, et qui, outre son heureuse influence sur les industries locales, aurait encore pour résultat de répandre partout le goût des sciences et de l’observation ; ce travail, disons-nous, est encore bien incomplet et souvent nul dans [a plupart de nos provinces, et même dans des villes considérables qui sembleraient devoir se placer en tête du progrès dans les sciences, les arts et l’industrie.
Il était honorable pour le département de la Creuse, condamné jusqu'ici à une honteuse obscurité, et notamment pour Guéret, son chef-lieu, de s’animer enfin d’une noble émulation, d’étudier et de faire connaître ses ressources, et de prouver que ses habitants ne veulent point être étrangers au mouvement scientifique de noire siècle.
C’est pour atteindre ce but que la Société fera ‘connaître les ressources que notre contrée peut offrir dans chacune des branches de l'histoire naturelle, les travaux qui ont été faits jusqu'ici pour les reconnaître et les utiliser, et les sujets ou échantillons que nous avons pu recueillir."
Suit un inventaire des sujets d'étude :
- Quadrupèdes mammifères
- Ornithologie
- Erpétologie
- Poissons
- Malacologie et conchyliologie
- Annélides
- Crustacés
- Insectes
- Rayonnés
- Botanique
- Minéralogie
- Collection d'espèces
- Collection d'Auvergne
- Collection de la Creuse
- Formations primordiales
- Formations secondaires
- Bassin houiller de la Creuse
- Bassin houiller du Thorion
- Basin houiller du Véraux
- Bassin Houiller du Cher
- Formations tertiaires
- Découverte du plâtre et de la marne
- Minéraux utiles reconnus dans la Creuse
- Plomb
- Antimoine
- Manganèse
- Fer
- Combustibles
- Pierres et terres
- Hydrographie
- Archéologie